lundi 23 novembre 2009

Politiquer en milieu minoritaire

Faire de la politique en milieu minoritaire est un devoir, rarement un choix.

J’envie ceux qui le font par obligation, qui le font bien, malgré leur envie d’écrire, et leurs envies de plein d’autres choses.

J’envie ceux qui le font sans commettre l’acte du faux, parce qu’ils croient en l’art et la laideur tellement laide qu’elle devient belle.

J’envie ceux qui se jettent dans ce monde compromettant sans se compromettre, qui inspirent sans aspirer, idéalisent sans mesurer, régionalisent au lieu d’imiter.

J’envie ceux qui le font pour les autres, surtout, et l’avenir, parce qu'ils refusent la facilité, l'habitude qu'on a d'abandonner nos rêves pour le confort.

mardi 17 novembre 2009

Petits pas vers l'ailleurs, le chez soi

Il y a le soleil qui tombe et les mouettes qui pleurent sur le lac. Elles se rassemblent en troupeau vers 17 h à quelques mètres du rivage de la plage principale. Elles tourbillonnent en bourrasque au-dessus de l’eau, se prennent pour de la neige qui s’en vient, s’installent sur le lac pour manger, se reposer.

Il y a l’air à la brunante qui fait du bien, l’herbe croustillante de l’automne, les hommes de construction qui labourent l'asphalte sous la lumière des phares et lampadaires. Des escaliers et des pigeons.

Il y a les questions, la réflexion, la décision qui prend du temps, l’hésitation omniprésente, tourmente.

Il y a le retour vers un ailleurs réconfortant, le véritable chez soi, qui ne compte pas beaucoup là-bas, où les stratégies se lavent de tout régionalisme par peur de perdre une quelque qualité mesurable.

Il y a le je-m'en-fiche, mais j'y pense. Ça me fait perdre à tout coup.

mercredi 11 novembre 2009

Le boeuf en papier mâché et la parade du Père Noel

Il était une fois un bœuf en papier mâché qui rêvait depuis sa tendre enfance de participer dans un défilé du Père Noel. En poursuite de son rêve, il avait parcouru toutes les villes du Canada, de Saint-Jean, à l’extrême est, à Vancouver, à l’ouest extrême, pour trouver un chef de défilé du Père Noel qui lui dirait : « oui, tu peux l'être dans not’ parade, mon beau boeuf »!

Mais jamais, non jamais!, ne lui avait-on répondu oui! à ce pauvre bovin.

«T'es faite en papier mâché, tabarouette. Tu vas fondres sous not' belle neige!»

Tout débobiné, après des décennies de refus, de faillite et de perte de confiance en soi, le boeuf s'en alla se réfugier au milieu, à Sudbury, pour se cacher. Là, au moins, il pourrait brouter du vide pour bien remplir son gros coeur, vide, lui aussi.

Mais un bon jour, en trottant tristement sur la Elgin, après avoir consommé une bière, ou deux, ou trois, le boeuf rencontra une gang d'artistes qui, eux aussi, avaient connu une soirée bien arrosée.

« Aye! Que cé qu'tu fais icitte toé mon gros boeuf ?»

« Bah... Rien...»

« Ben, si tu fais rien, tu pourrais te joindre à nous pour la parade du Père Noel. On n'a pas de chariot! Un boeuf, ça va faire l'affaire!»

« Mais, je vais fondre sous vot' belle neige? Chu faite en papier mâché.»

« Pas grave, on peut te r'coller après, nous autres. On est bon là dedans!»

Après tant d'années de voyageage, de peine et de chagrin et de misère d'adulte, le petit coeur d'enfant du boeuf en papier mâché se rallumait. Il allait enfin vivre son plus grand rêve dans le défilé du Père Noel de Sudbury.

Pour accompagner le boeuf dans sa plus grande aventure à vie, cliquez ici.

mardi 10 novembre 2009

Trop de bouette sur le béton

On se laisse inspirer par qui, par quoi, quand, comment ? On s’inspire de qui, de quoi, et quand, pourquoi ? Comment on chasse le vide ? Comble l’absence ? Remplit le trou ? Écrit autre chose que de l’air ?

Y a trop de vert sur la roche. Trop de bouette sur le béton. Ça empêche les frissons de voyager jusqu’à mon corps. Ça bloque mon cœur. Ça remplit ma tête de gouttelettes tellement minuscules qu’elles s’évaporent avant même d’exister, faute de substance ou de folie.

mercredi 28 octobre 2009

Un peu de soleil pour sécher un souvenir humide

Le matin brumeux s’est décomposé dans ma tête. Il y a maintenant un peu de soleil qui sèche l’humidité du souvenir. J’ai l’impression aujourd’hui de trouver un peu de pureté sur la ligne entre le rêve et la réalité, un peu d’espoir entre l’erreur et les terres oubliés. Je n’ai plus le goût d’utiliser des moyens pour en arriver à une fin. Je moyenne pour moyenner. C'est bien assez.

Sur...

L’auteur de ce blogue est un auteur à ses débuts qui a publié son premier recueil poétique en 2006 aux Éditions Prise de parole, Carnets de déraison. Depuis, elle se plaint constamment du temps qui passe à côté d’elle sans même daigner la saluer ou lui donner un peu de son temps pour qu’elle puisse écrire un peu plus, et un peu plus régulièrement.

Le manque de temps, c’est le grand mensonge qu’elle se raconte pour justifier sa paresse, oui, mais surtout son trait de caractère le plus pesant, i.e. sa constante insatisfaction. Elle change souvent de visage, ce qui fait qu’elle change souvent de goûts, ce qui fait qu’elle trouve toujours mille et une imperfections à la première phrase de son prochain récit qu’elle recommence chaque jour depuis deux ans.

L’auteur est heureuse de vous annoncer qu’elle a vieilli, qu’elle a mis terme a ces enfantillages et qu’elle se lance sur la place publique avec un blogue de textes descriptifs, critiques, littéraires, pseudo-philosophiques et personnels tout à fait spontanés portant sur ou inspirés par Sudbury*.

Cet exercice lui permettra à la fois, elle en est convaincue, de terminer son projet littéraire actuel. Je ne serais pas surprise qu’elle vous en raconte les péripéties de temps à autre.

* Vous remarquerez que l’idée n’est pas nouvelle, mais il n’y a rien de mal à piquer les idées lorsqu’elles sont bonnes. Le monde tournerait bien mieux, lui semble-t-il.

Alors un grand merci du fond du cœur à Stéphane Gauthier, directeur du Carrefour francophone de Sudbury et membre honorifique du Club Richelieu, et Miriam Cusson, directrice artistique du Salon du livre du Grand Sudbury, les deux Louis Cyr de l’animation culturelle et littéraire à Sudbury et les créateurs de l’Autobus de la poésie,

Mariana Lafrance, photographe et créatrice de http://www.lapetitefumee.ca/, photoblogue qui a ressuscité la vraie beauté de Sudbury en s’inspirant de son apparente laideur,

et à Normand Renaud, denise truax, Jocelyne Landry-Altman et Michel Dallaire (avec Mariana et mon moi) qui, réunis en comité de cuisine, ont réussi à donner vie à THE LIVER de l’année 2008, La ville invisible / Site Unseen.