jeudi 28 août 2008

Le trou le plus fantastique de la planète



On dit que Sudbury est l’un des plus importants cratères météoriques au monde. On dit que l’impact a eu lieu il y a plus de 1 milliard, 85 millions d’années et que la météorite mesurait 140 km de diamètre.

Est-ce que c’est parce qu’on est chanceux que les météorites géantes ne tombent jamais sur nous? Ou est-ce que c’est parce qu’elles n’existent tout simplement pas? Qu’on les invente pour mieux aimer le roc sous nos pieds?


Note : Je fais relâche pour quelques jours. On me demande d’assister à un mariage loin loin loin de Sudbury. À bientôt.

mercredi 27 août 2008

Actuellement, j'pense que t'es right

Souvent (et je l'oublie), un poème de Patrice fait l'affaire:

Je me trouve
dans un autobus
de la ville et
c'est l'autobus
université-sanatorium
et il est bondé et
je suis bandé comme
un bûcheron sous mes
combines cosmiques

On se bouscule
on se majuscule et
se minuscule tandis que
derrière moi,
une Franco-Ontarienne dit à
une autre Franco-Ontarienne:
« Tu sais, il y a du monde
qui sont vraiment pas
considérables… »

Patrice Desbiens, Poèmes anglais (Prise de parole, 1988)


Merci d'avoir venu sur mon blogue (tournure empruntée d'une mariée qu'a connu NR).




mardi 26 août 2008

Le retour de Davy Croquette

Le Sueur en série est revenu de vacances! Les étudiants, aussi, ce qui rendra le trajet matinal en autobus plus agréable.

J’en ai vu un, ce matin, un étudiant, attriqué circa 1629, sur le 500 University. On aurait dit une légende de la frontière, un Davy Crockett moderne, un Radisson ressuscité cherchant en vain sa French River (ou son rasoir) au pays des Youronns.

Incursion # 1 dans le non-dit:
Vieille picouille désabusée : « Emmène-moi! Emmène-moi! », cria-t-elle du
fond de ses poumons, à présent debout sur son siège.

Jeune Croquette innocent : « Ouate de phoque? Ouate de phoque? »,
rétorqua-t-il, en sonnant le conducteur pour sortir du 500 au plus sacrant.

Avec un sac d’expédition de 60 kilos sur le dos, j’ai deviné enfin que ce jeune sauvage barbu suivait le baccalauréat d’activités en plein air de la Laurentienne (quel judicieux choix de programme) et qu’il partait sans doute dans le bois, ce matin, pour bâtir l’esprit d’équipe du groupe 2008.

Incursion # 2 dans le non-dit:

Vieille picouille désabusée (en dévisageant avec admiration Jeune Croquette innocent) : Tu te rends compte que tu n’auras pas à passer le plus gros de ton temps dans un bureau beige, devant un écran noir qui te regarde taper des chiffres et des mots sur un clavier gris à longueur de journée?

Jeune Croquette innocent (qui se sent dévisager) : …

Vieille picouille désabusée : ...Que tu pourras t’endormir d’épuisement
physique le soir, au lieu de compter les trous au plafond, la tête qui
tourne?

Jeune Croquette innocent (en se tournant pour surprendre sa dévisageuse): …

Vieille picouille désabusée : ...Que lorsque tu auras le goût de pleurer,
ce sera parce que tu ne seras plus capable d’endurer les mouches noires,
les piqures, les brûlures, les ampoules, la faim, le froid, la chaleur ou ta
vraie peur de mourir pour de vrai? Pas parce que t’auras l’impression que rien
n’avance ou ne change, avec ou sans toi?

Jeune Croquette innocent (en croisant le regard de sa dévisageuse) : …

Vieille picouille désabusée (fixant Jeune Croquette innocent droit dans les yeux): ...Que tu mourras sans doute de façon spectaculaire? Pas d’un ulcère, d’une crise de nerf ou d’un cancer?

Jeune Croquette innocent (en se rendant compte que la fermeture éclair de
son pantalon est décousue) : Ouate de phoque?


lundi 25 août 2008

Se coller le nez dans le Grand Ciel Bleu

Depuis quelques semaines, un bruit retentit du 93, rue Durham, au centre-ville. Jour et nuit, à l’intérieur, des bénévoles extraterrestres (jamais je n’ai rencontré d’investissement humain égal au leur) s’affèrent à créer l’espace physique et publique permanent du littéraire à Sudbury, tel qu’il apparaît dans leurs rêves.


Ça fait longtemps qu’on attend de le rencontrer.

Dans moins de dix jours, vous pourrez entrer dans Grand Ciel Bleu, la librairie du Nouvel-Ontario, poser vos pieds sur son vieux bois franc, fraîchement découvert de ses plaques de prélarts, de papier et de tuiles industrielles (pas tout l’monde ne s’en aurait donné la peine), frôler du bout des doigts les pages de milliers de livres français pour adultes, enfants et universitaires, en prenant un café torréfié ici même à Sudbury.

Si vous passez en ville, allez donc vous coller le nez dans la vitrine du Grand Ciel Bleu pour lui laisser savoir que vous avez hâte de le voir. On vous laissera peut-être y pré-rentrer si vous le frottez assez fort.

dimanche 24 août 2008

La sudburoise montréalaise

Un ami m’écrivait récemment pour me dire qu’il s’abonnerait aux péripéties de la sulfureuse Sudbury même s’il habitait la contrée lointaine de Coniston, à une quinzaine de kilomètres du centre-ville.

Eh oui, il faut me le rappeler de temps en temps. Je vis dans le Grand Sudbury fusionné, dont l’aire géographique de 3 600 kilomètres carrés en fait la ville assise sur le plus grand bout de terre en Ontario. Ça fait beaucoup de marchage ça pour une pédestre.

On m’a même appris que le lac Ramsey n’était plus le plus grand lac contenu à l’intérieur des limites d’une ville. Le Wanapitei l’a détrôné, post fusion.

J’aime exagérément le centre-ville de Sudbury, le vieux Sudbury dépeuplé et magané, royaume des gens qui n’aiment pas déjeuner au resto les dimanches matins ou prendre un café avant midi, paradis de ceux qui attendent plutôt midi pour spiker leur café et manger une saucisse dans le vinaigre.

J’aime exagérément le vide de Sudbury, son silence qui laisse toute la place aux trains et aux quêteux qui se quêtent entre eux, aux photographes de l’invisible.

J’aime tellement le centre-ville de Sudbury que je me suis demandée si je n’étais pas, pour mon ami, devenue une montréalaise sudburoise qui pète plus haut que le trou, qui ignore tout des mondes périphériques qui l’entourent, qui s’en moque au point de les supprimer de son imaginaire, de l’imaginaire collectif.

Et puis non, ce n’est pas pareil. Il y a des lieux qui ont besoin qu’on les aime un peu plus que les autres, sinon ça fait pouf! pour toujours.

vendredi 22 août 2008

Humour sudburois moderne

On m'a posé la plus drôle des questions aujourd'hui:

- Est-ce qu'y a un Macdo à Sudbury?

- Euuuuuuuh, non (mensonge!), mais y'a un p'tit resto coréen sur la Lasalle. C'est très bon.

- hiiiiiiiiiiiiiiiii, j'ai l'estomac fragile. De l'érotique, ça m'fait pas. T'es sure qu'y a pas de Macdo ici?

- Euuuuuuuh, oui (mensonge!), mais y en a un à Hearst (mensonge!). Ce n'est pas très loin (mensonge!). Prends la 144 nord, puis file tout droit. Tu peux pas le manquer (mensonge!). Y est juste à côté du Pigalle (mensonge!).

- Coudonc, du coréen, du pigallien, ça finit plus ces érotiques-là, d'essayer de changer notre alimentation!

Abonnez-vous à Sudbury ou un petit goût de soufre sucré.

jeudi 21 août 2008

Blog-marketing 101: Quand on sait qu'un quelqu'un consulte son blogue et qu'il aime ça, on s'en sert!

Vous avez bien aimé la petite expérience de la très débrouillarde bière la plus frette dans l’fridge que je vous proposais mardi dernier, White don’t you speak French à Sudburé ? J’en suis ravie.

Cette entrée a reçu quatre commentaires (un record!), dont celui de Normand Renaud. Oui, vous avez bien lu, Normand Renaud, le célèbre billettiste et auteur jeunesse!

Avec une telle reconnaissance, je serai bientôt victime de mon propre succès. Mais je vous promets de ne pas changer.

Et puis tiens, je vous partage son commentaire (décousu? As if!) ci-dessous. J’ai aussi placé dans la section Sudbury Cité, le billet qu'il avait livré à la radio de Radio-Canada à ce sujet et publié plus tard dans De face et de billets : une chronique d’humeur franco-ontarienne (Prise de parole, 2002).

En passant, c'est un autre livre qui mérite mes quatre étoiles sulfureuses, livre que toutes les écoles canadiennes-françaises devraient offrir en cadeau à chaque élève. Tiens, en voilà une idée ! (tournure empruntée)


NORMAND RENAUD sur White don't you speak French à Sudbury: C'était, je crois, au début des années 90. Le COR et l'APEC étaient en verve et menaient une campagne de lettres à l'éditeur contre le bilinguisme… que le Sudbury Star et le Northern Life publiaient avec une complaisance manifestement intéressée malgré les erreurs de fait qui s'y accumulaient comme de la fiente de pigeons. Sans compter les erreurs de jugement, mais ça...

J'ai répliqué trois fois, on m'a publié trois fois et chaque fois une réplique encore plus « colonne » à mes arguments autrement intelligents apparaissait dans l'édition suivante. Puis là l'éditeur s'est mêlé de déplorer « the extremists on both sides of the language barrier ».

Ma quatrième et ultime lettre a été celle que j'ai envoyée au Star pour me désabonner, en leur faisant la remarque que les journaux de Toronto sont livrés plus tôt le matin que le journal local, qu'ils sont autrement étoffés et que surtout, ils ne publient pas de telles conneries. Je lis le Globe and Mail depuis. Même les pages financières.

Je ne me suis jamais réabonné au Star. Vingt ans d'abonnements perdus, faites le calcul. Mais de temps en temps j'en ramasse un Star qui traine et j'ai l'impression qu'il est presque francophile. Mais aussi, qu'il s'est aminci. Tandis que l'opinion des honnêtes citoyens se voit refoulée dans les sites Internet des journaux locaux. C'était au moins ça de gagné.

(Mais ici j'oublie volontairement la récente lettre à l'éditeur qui ameutait l'opinion moraliste contre les prétendues 1 200 prostituées qui arrivent à Sudbury depuis Toronto vu notre économie florissante. As if.)

Pour être la bière la plus frette du fridge, il suffit d'être la sorte que personne n'aime parce qu'elle goûte vraiment la bière. Celle qui est dans une bouteille verte, venue d'Europe. Quant aux autres, il y en aura toujours en masse qui se débouchent pour rien et qui se flattent d'être flat. Et ça aussi, ça fait partie de la mythique personnalité sudburoise.

J’attends le « tipping point » et parfois même je le pressens. Puis là je demande si le mouvement de bascule en question n’est pas juste celui du coude qui mène le goulot aux lèvres. C'est encore et toujours le plus puissant mouvement culturel sudburois. Celui qui raille contre le projet de Centre des arts de la scène.

Propos décousus juste pour être parmi les premiers à commenter ce très sympathique blogue.

mercredi 20 août 2008

Sudbury, c'est moi toute nue

Je me la suis posée la question aujourd’hui. Est-ce que je vais tougher? Est-ce que je vais être capable de trouver des choses à dire sur Sudbury au quotidien pendant un an, deux ans? Ce n’est qu’une ville après tout. Une semaine en affaires et tu n’as déjà plus d’idées? Pour qui tu te prends? Pour qui tu t’es prise?

J’ai tenté de trouver des blogues sur les villes qui ressemblent un peu au mien pour y piquer des idées de temps en temps. Rien.

J’ai cherché des articles savants sur Sudbury dans l’internet pour apprendre qu’on y allaite nos enfants moins longtemps que la moyenne ontarienne, que les traces d’hélium dans la terre sudburoise proviennent de sources extraterrestres et que la consommation d’alcool n’a pas augmenté - a même chuté - chez les mineurs lors de la grève d’Inco en 1978-79, une des plus longues grèves de l’histoire canadienne.

En marchant sur ce fameux chemin du lac Ramsey pour enfin retrouver mon chez soi, je me suis souvenue du moi d’avant Sudbury et j’ai compris que la question que je me posais était impertinente et, qu’encore une fois, mon méchant alter ego me faisait douter de moi.

Cette ville a changé ma perception du monde, C’est le plus beau compliment, selon moi, que l’on puisse faire à un être.

Si je n’y étais pas arrivée, je serais enseignante dans une école française du sud de la province au bord de la crise de nerf, parce que « t’es beaucoup trop sensible pour l’enseignement, ma grande ».

Je n’aurais pas non plus écrit la première ligne de mon plus grand rêve et je l’affirme sans hésitations.

Une ville, c’est une ville, mais il y a de ces villes frontières « auxquelles la littérature a daigné reconnaître une personnalité, conférer une présence mythique, emprunter une atmosphère… »[i].

Une ville, c’est une ville, vous dites, mais il y a de ces rares villes frontières qui sont, sans gêne ni pudeur, « l’espace extérieur de l’intérieur »[ii].

C’est ça, Sudbury. Mon moi exhibé.

C’est pour ça que je ne parle pas beaucoup. Je suis toute nue devant vous!

[i] Normand Renaud, « Aux portes de l’enfer : Sudbury dans l’imaginaire littéraire », dans Liaison, numéro 69, 1992, p 20.

[ii] Fernand Ouellette à propos du Carmel de Thérèse Lisieux, cité dans Pierre Nepveu, Intérieurs du Nouveau Monde, Boréal, 1998, p. 294.

mardi 19 août 2008

White don't you speak French à Sudburé?

Aujourd’hui, Sudbury ou un petit goût de soufre sucré se métamorphose en petite débrouillarde et vous suggère d’entrer dans le merveilleux monde des expériences scientifiques typiquement sudburoises.

Allons-y, les amis!

1) Ouvrez votre fureteur web préféré ;
2) Allez à http://www.northernlife.ca/ ou http://www.thesudburystar.ca/, au choix ;
3) Dans l’outil de recherche du journal, tapez « francophone » ;
4) Cliquez sur les résultats de recherche, préférablement les titres d’articles dont le propos fait référence de façon évidente à une nouvelle qui concerne ceux qui ne parlent pas le « white » ;
5) Lisez les commentaires des lecteurs qui se trouvent à la fin des articles.

C’est fait ? Ok. Passons à la prochaine étape:

1) Tapez dans l’outil de recherche du journal le nom d'utilisateur du « white » que vous trouvez le plus niaiseux, par exemple laany, Man about Town, Bernie Lomax, Bear, ou mon préféré, Andre Prevost ;
2) Lisez les commentaires qu’ils laissent au bas des articles qui n’ont pas de rapport évident avec un sujet qui concerne ceux qui ne parlent pas « white » ;
3) Constatez finalement qu'ils sont nés naiseux, poursuivez votre journée en rêvant au prochain grand projet créateur sudburois, parce que c'est pas de la tête d'un « white » qu'il va sortir !

C'est triste à dire, mais y'en a qui ne seront jamais la bière la plus frette dans l'fridge.

Les commentaires gratuits, ça fait du bien à l'âme des fois.

lundi 18 août 2008

Mon truc à moi pour affronter la peur

Il n’y a rien de plus stressant que de marcher au bord du chemin du lac Ramsey qui relie l’Université Laurentienne (dans le bois) à Sudbury (dans le bois).

Pour ceux qui ne l’ont jamais fait, vous ne pouvez pas comprendre.

On a l’impression de voir sa mort nous sauter dessus et nous serrer le cou tellement fort qu’on finit bleu comme un raisin noir du Niagara sur le bord d’une route où y a des ours. Pis c’t’impression là, à t’frappe chaque 5 secondes!

Ok. J’exagère, mais à peine.

Vous me demandez donc pourquoi entreprends-j’ cette marche quotidienne si j’ai si peur de laisser des traces de peau humaine sur le pare-choc d’un Hummer qui roule sur un chemin de campagne comme si c'était une autoroute allemande?

a) Je veux mourir?
b) J’ai le goût du risque?
c) Je veux faire les nouvelles (avant ou après ma mort, peu m’importe)?
d) J’aime marcher, mesurer le temps que ça prend pour se rendre du point X au point Y. S’il est trop court, j’ai peut-être manqué quelque chose en route?

Mon truc à moi pour affronter ma peur, et je vous le conseille tous, c’est de ne pas l’affronter justement. Au lieu de faire face à la circulation (ce qu’on est censé faire semble-t-il), je marche dans le même sens qu'elle. Je regarde le paysage. C’est très soulageant de ne me pas savoir comment on va mourir.

Un casque à bicycle, ce ne serait peut-être pas une mauvaise idée non plus.

dimanche 17 août 2008

Sudbury, univers kaki

Jean Forest a mis le doigt sur l’adjectif qui décrit Sudbury mieux que tout autre : kaki.

Kaki, une couleur de poussière, jaunâtre, tirant sur le brun, peu voyante, peu salissante, utilisée surtout pour les vêtements militaires et sportifs (Petit Robert).

Malgré ses quelque 300 lacs, ses espaces verts, ses forêts vierges, son imposant roc qui la protège comme un fort, Sudbury demeure un « univers kaki ». Il l’a si bien dit.

C’est ce qui déçoit lorsqu’on la visite pour la première fois. Une ville supposée mythique ne peut pas être kaki. Le visiteur, déçu mais optimiste, demande parfois à la caissière du gaz bar si l’on ne devient pas temporairement daltonien à Sudbury.

- No.
- À cause du soufre dans l’air peut-être?
- No?
- Des coulées aveuglantes de slag jaune-orange?
- No, no, no.
- De la boucane qui sort de cette espèce de grosse tour là-bas, là?
- Nooooo!
- En passant, est-ce qu’on peut y monter?
- Are you crazy? Not only you’ll be blind, you’ll be dead.

L’actuel boom économique, nickel en demande, et cette espèce de crise du logement qui en découle ne font qu’empirer la patente. On s’est mis à construire sur ce qui reste de roc nu des boîtes de 3 000 pieds carrés accotées l’une sur l’autre comme des sardines marinées, beiges et grises. Ces maisons sont imposantes seulement pour les familles qui sont dedans parce que de loin, franchement, elles prennent l’air de boîtes d’allumettes plantées sur la bedaine noire majestueuse de Sudbury, diminuée, malgré elle, par de la belle bêtise urbaine.

J’ai peut-être enfreint la loi en peinturant mon garde d’escalier rouge pétant? Si je ne blogue plus dans les semaines à venir, vous saurez où me trouver.

P.S. : Pour les curieux, j’ai placé un extrait de Jean Forest chez les Anglais dans la section Sudbury Cité. On en avait utilisé une partie pour l’Autobus de la poésie, scène ancien Canada Bread.

vendredi 15 août 2008

Sudbury porte des leggings

Ce matin, dans le 500 University, je fixais les gouttes de sueur (très blanches et très épaisses pour des gouttes de sueur en passant, c’est peut-être parce qu’elles se mélangent au gel dans ses cheveux ?) qui coulaient dans le cou d’un homme assis devant moi.

Ce n’est pas la première fois que je regarde son cou comme ça. Il sue à grosses gouttes depuis le début de l’été, et, entre vous et moi, on ne peut pas dire qu’on a eu une saison estivale très chaude à date, hein ?

J'essaie de ne pas regarder, mais c'est plus fort que moi. La forme, la couleur et la grosseur de ses gouttes de sueur me fascinent, beaucoup plus que le fait qu’il sue même s'il fait assez froid pour que le lac Ramsey chute de quelques degrés avant midi.

Le sueur en série, toujours bien habillé, est un des rares professionnels à se servir du transport en commun à Sudbury (d’après mes observations sur une période d’un an). On se sent d’ailleurs toujours un peu looser quand on prend l’autobus ici. Tu prends l’autobus parce que t’as pas de truck et t’as pas truck parce que t’es grosse, t’es laide, tu pues pis t’es pauvre.

Il faudrait que je m’achète des leggings.

jeudi 14 août 2008

Le royaume des amateurs de parking


Petit fait éclairant: en 1939, Sudbury devint la première ville au Canada à installer des parcomètres dans ses rues. C'est ce qu'on nomme de l'urbanisme d'avant-garde.

Sudbury, ville mythique

À quel moment précis Sudbury est-elle passée de l’invisible au mythique ? Il n’y a peut-être jamais eu de moment ? Il n’y a peut-être pas de distinction à faire entre ces deux états d’être ? L’invisibilité, comme le mythe, relève de l’imaginaire. Sudbury est plus invisible quand on y est que lorsqu’on la quitte ou qu’on n'y a jamais mis les pieds. C’est peut-être cette double identité que me plaît. Chez-nous, je suis. Ailleurs, je désire.

C’est dur à porter un mythe, mais c’est franchement plus stimulant qu’un prêt-à-porter.

Daniel Bélanger était de passage à Sudbury pendant le Festival Boréal en juillet dernier. Si ça vous tente, allez donc lire ses impressions dans son carnet.

mercredi 13 août 2008

I hate this fucking town

Ok, je l’avoue. Mon envie de bloguer sur Sudbury est pas mal liée à mon coup de foudre pour la petitefumee.ca, le photoblogue de Mariana Lafrance, et son produit dérivé, La ville invisible. Regards perdus sur Sudbury, un ouvrage (véritablement bilingue) de photos et de textes dépeignant les non-lieux (voir contraire du gros cinq cennes) de Sudbury. Commandez-le ici. Il sera imprimé bientôt! Je lui accorde mes premières quatre étoiles sulfureuses très « parti pris » (prononcer à l’anglaise pour l’effet).

Cette envie de contribuer un tout petit peu au discours sur Sudbury trouve aussi son catalyseur (dans, sur ou devant?) un certain autobus de la poésie qui a roulé au centre-ville de la mal-aimée (que j’aime tant) il y a quelques années. Créé par Miriam Cusson et Stéphane Gauthier, ce parcours littéraire, théâtral et ambulant, auquel j’ai participé, nous a fait (re) découvrir notre ville à travers les écrits d’auteurs qui l’ont habitée (ou non) et qui s’en sont inspirés (ou non). Voir photos ici.

Cette ville qui a rappelé les portes de l’enfer à un comte français il y a plus de 100 ans, me bouleverse et me modèle (de temps à autre me fait jurer... I HATE THIS FUCKING TOWN (Dickson dit ça à Desbiens dans un poème dans Sudbury, en fouillant dans ses poches pour une cigarette. J'imagine qu'il est à Sudbury quand il le dit)). Je lui demande donc de me donner le devoir d’écrire. Elle sait me pousser plus que quiconque.

Je vous donnerais ici une idée de ce que vous trouverez dans ce blogue, mais ça risque de ressembler plus à un mensonge qu’à la VÉRITÉ. J’aime bien faire des plans. De les suivre, moins.

Ce que je sais c’est que je ne chercherai pas l’objectivité (les profs d’université le font mieux que moi), je ne réfléchirai pas trop, je me permettrai de temps en temps le commentaire gratuit (sans en abuser, pour l’effet, simplement).

Je hais les gens qui courent dans la pluie. Arrêtez-vous. Vous êtes déjà trempé. Profitez-en, comme un enfant.