vendredi 28 novembre 2008

Exode

J’ai l’impression d’avoir 60 ans aujourd’hui et de voir le dernier des mes enfants partir. Je n’ai même pas d’enfants.

jeudi 27 novembre 2008

Deux oeufs, bacon, café et minijupe

Suggestions d’activités pour le weekend :

1. Faire son lavage au Kathleen Wash and Dry en mangeant un Bacon & Eggs.
2. Se faire couper les cheveux chez une madame qui opère son salon dans sa cuisine dans le Moulin-à-fleur.
3. Prendre l’autobus aller-retour Sudbury/Chelmsford.
4. Boire un café au Tim Hortons au centre-ville de
Sudbury.
5. Marcher en minijupe le dimanche matin sur la Elgin.

mardi 25 novembre 2008

Ville « juste-milieu »

Je suis confortable ici. Mon temps, ma tête et mon cœur respirent sans étouffer, vivent bien avec leur pluralité. J’erre dans les rues en sauvage, en citoyenne moyenne, en poète, en puritaine, en épicurienne, selon le jour ou l’heure du jour, selon la question, l’espoir ou le tourment qui trotte dans le gris de mon esprit. Je suis village et ville, clocher et voyage, perron et café shop, anglaise et fière, indomptée et soumise, et l’on se fout de mes incohérences sans jamais me laisser tout à fait tranquille. C’est parfait.

lundi 24 novembre 2008

Stress-free Christmas shopping

Vous aimeriez effectuer votre shopping de Noël sans vous faire bousculer? Sans faire la file pour payer? Sans angoisser? Sans stresser?

Le centre-ville de Sudbury vous offre une ambiance « ville fantôme » tout en vous assurant une diversité de marchandises de qualité. Surprenant, mais vrai. Essayez-le.

(Ça, c'est signe que je me force...)

mardi 18 novembre 2008

La neige et l'avancement

L’air froid qui pénètre dans les craques des murs de ma chambre le matin, le bois franc frais sous mes pieds dans l’escalier, la nécessité revenue de la chaleur réconfortante du premier café, la fumée qui sort de ma bouche en courant pour rattraper l’autobus, les manteaux d’hiver qui prennent deux sièges au lieu d’un, les dessins des enfants dans les fenêtres givrées du 500, la vapeur qui flotte au-dessus du lac Ramsey, me font rêver à mes raquettes, à cette traversée quotidienne du lac, le matin vers l’austère, le soir vers le rêve.

On n’a pas vraiment besoin de raquettes pour traverser le lac, mais d’en porter aux pieds ravive le voyage-souvenir d’une autre époque, le rêve d’une conquête en contrée sauvage, le sentiment qu’il n’est pas nécessaire d’avancer à tout prix, qu’il est bon de prendre du recul, de rappeler en soi le sauvage et l’ancien.

J’affectionne particulièrement l’hiver pour la résistance de la neige qui freine l’avancement.

Version à l'échelle approximative du costume moderne d’une sauvage sudburoise :

mercredi 12 novembre 2008

Être ou avoir?

Même avec mon ipod full-blast, des fois j'entends des drôles de choses dans le 500 University:

« J’ai hâte d’être fini l’école pour toujours. »

J'critique pas! J'critique pas, là, là... Énervez-vous pas.

Au moins, elle parle français.

mardi 11 novembre 2008

Lettre à l'éditeur dans un journal réputé de Sudbury

Les pigeons chient tellement sous le Pont des nations qu’on pourrait ramasser toute leur fiente à la cuillère, la mettre dans des petits pots étiquetés à l’ancienne, la vendre au marché, prétendre que c’est un produit culturel, faire du positif avec du négatif, du cash avec la nature.

Non, mais sérieusement, ça m’écœure.

Émigrez donc, calice de bine! ou je sors ma carabine.

lundi 10 novembre 2008

Bad Piétonne Story

Ça fait plus d’un an que je vis sans voiture. Contrairement à la croyance générale, ce n’est pas par soucie pour l’environnement que je me suis séparée de mon auto. Je pense rarement à la durabilité, trop souvent à ma courte durée.

J’ai appris avec les années que l’image que j’ai de moi ne correspond pas du tout à l’image que je projette. À vous entendre parler, j’ai l’impression d’être une bonne personne.

Je me promène à pieds et en bus dans Sudbury parce que je déteste conduire et je le fais très mal. Vous avez une bonne chance de mourir avec moi au volant, une meilleure chance qu’en avion, je pense.

Je déteste aussi conduire parce que j’ai toujours haï qu’on me désigne conductrice responsable. Je suis incapable de dire non et ça me fait carrément chier les soirées sans alcool.

Je déteste conduire parce que j’aime manger. Sans auto, je mange beaucoup et je n’engraisse pas parce que la bouffe que je mange, je la traîne sur mon dos avant.

J’aime ne pas conduire parce que je dépense moins sur des choses qui ne m’apportent aucune satisfaction. C’est très plate consommer de l’essence et des assurances. Je me suis achetée des bottes rouges à Montréal (ça, c’est excitant) et me suis justifiée leur prix déraisonnable par l’importance nouvelle qu’occupent mes pieds dans ma vie et les litres d’essence qui n’en font plus partie.

J’aime ne pas conduire parce que j’ai une bonne excuse maintenant pour ne pas aller souper chez X les dimanches soirs. L'autobus de ville ne se rend malheureusement pas dans son monde périphérique après 17 h les weekends, et non, je ne veux pas que tu me ramènes. Ça pollue, les autos.

samedi 8 novembre 2008

Venez faire Pouf! avec nous

Et si on s’appropriait ce qu’on dit en mal de nous au lieu de se défendre, s’engager débilement dans un débat qui tourne en rond à perpétuité? Qui a tort? Qui a raison?

Si on disait Non! aux belles images qui ressemblent à tout le monde donc à personne?

Umberto Eco affirmait dans une conférence qu’il a donnée à Toronto récemment qu’il est beaucoup plus intéressant de parler de laideur que de beauté, cette dernière étant restreinte par des critères beaucoup trop précis, donc banale.

Si on jouait avec notre laideur, on en aurait davantage à manipuler, dire, partager?

Si on disait non au Oui!, pour chercher dans les peut-être?

Si on oubliait les faits? Si on se servait d’impressions au lieu de réalités pour attirer l’autre?


Découvrez Sudbury, image future d'un Québec dépendant!
ou
Venez faire Pouf! Les francophones, avec nous, dans un de nos 300 lacs!
ou
Pourquoi tenir à la Terre lorsqu’on peut vivre sur la lune?

mercredi 5 novembre 2008

Étrange beauté d'une Terre maganée


Edward Burtynsky, Nickel Tailings, No. 34.

(Photo prise en 1996, à Sudbury, Ontario)

lundi 3 novembre 2008

Sept minutes d'écriture spontanée sur une machine à laver


Tout ce qu’il faut pour croire et aimer, c’est un peu de vrai et de simplicité. On l’oublie en en faisant trop, souvent, en compliquant les choses pour faire du flafla qui impressionne, des extravagances qui étonnent.

« Trop, c’est comme pas assez. »

On l’entend souvent cette ligne, mais on n’y adhère jamais, ici, il me semble. On essaye de se surpasser en en offrant plus, toujours, sans prendre le temps de respirer notre air, notre définition, ce qu’on a toujours été, peut-être, ce qu’on est en train de perdre, je le crois.

Mais vous n’êtes pas obligé de m’écouter et vous avez le droit de m’écarter.

Ma ville se souvient à peine d’elle-même. On la transforme en empruntant l’image des autres que l’on admire, et jamais on a l’idée de s’arrêter en route pour mesurer ce qu’il reste d’essentiel, d’image originelle.

On modifie trop la machine à mines. En perdant son corps, on perd notre âme.

J’aimerais plutôt que ma ville, comme ces machines à laver, reste grosse et laide, et fasse tourner les têtes.

Madones de Diane Landry
Galerie du Nouvel-Ontario
174, rue Elgin, Sudbury
Jusqu’au 22 novembre 2008

dimanche 2 novembre 2008

Cliché d'un campus en fête

Une femme amérindienne, chanteuse de chants d’honneur, assise sur une roche près du tipi de l’Université Laurentienne, médite, immobile dans sa longue jupe rouge satin, sourire aux lèvres, parmi le tohu-bohu de la collation des grades de l’automne, des gens qui s’énervent et courent autour pour l’eau qui n’est pas sur le podium, qui était censé l’être au cas où notre recteur aurait soif pendant la cérémonie, des diplômées en talons aiguille qui se pratiquent à marcher sur le tapis jaune moutarde usé devant leurs parents fiers, des professeurs et doyens en costumes savants et ridicules cortègeant sérieusement sans même offrir un commencement de petit sourire en coin, de la femme-chef, avec ses acquiescements de bonne petite première de classe aux cinq secondes pendant les longs discours des invités honorifiques qui répètent comme un psaume leur leçon vide de vie.

Une amérindienne sculpture de sel, clichée et vraie, respire au milieu de cette cérémonie traditionnelle des moins honnêtes, parce qu’il n’y a pas pire mensonge que de raconter aux foules qu’un rêve est suffisant, que l’avenir leur appartient, qu’un jour comme celui-ci est le début du reste d’une vie.