mardi 24 février 2009

L'esprit de quartier est surévalué

Il n’y a plus d’épicerie dans mon quartier. Je marcherai plus loin, c’est tout. Je mangerai un morceau de gâteau du plus, question d’avoir la force nécessaire pour traîner pendant un peu plus longtemps, sur mon dos et au bout des bras, mes sacs de nourriture.

Il n’y a plus d’épicerie dans mon quartier. Y a franchement jamais eu grand-chose dans mon quartier sudburois qui puisse encourager, stimuler, faire croître la piétonnerie.

Mais bon, je ne me plains pas. Marcher plus loin, contourner, monter, traverser, ça garde en forme, ça renforce, ça donne du temps, ça calme les nerfs, ça fait fuir.

Y a pas grand-chose franchement qui puisse me décourager. Vous avez beau me les enlever, les quelques nécessités à portée de pas, vous ne me forcez qu’à marcher plus loin, et je n’y trouve rien de bien effrayant.

vendredi 13 février 2009

Une Saint-Valentin à la hauteur de Sudbury

La Sulfureuse devient super-subversive lorsqu’approche le jour de la Saint-Valentin. Elle aimerait croire que la majorité pense comme elle, que l’amour qui a besoin d’être célébré est un amour banal, que l’amour qui a besoin d’être acheté est un amour qui fait vomir, que l’amour qui a besoin d’étagères dans un supermarché est un amour… de viande hachée? Mais, à sa grande surprise, c’est tout le contraire. La majorité des gens, même à Sudbury, ville au cœur de pierre, se laissent emporter par l’amour « capitalisé ».

Tous les clichés rassemblés en le jour du 14 février coûtent en moyenne 120 $ et on appelle ça quelque chose de spéccccciaaaaal. Beurk.

La Sulfureuse vous suggère donc aujourd’hui une version typiquement sudburoise de la Saint-Valentin, qui, en ces temps de grande noirceur économique, ne coûte absolument rien… ou presque.

1) Célébrez d’abord la Saint-Valentin le 15 février. Si vous tenez absolument à la petite boîte de chocolat en forme de cœur et bordée de dentelle en polyester, elle sera en vente le 15 dans une grande surface près de chez vous (n’acceptez rien de moins que la moitié du prix).


2) Faites semblant d’être touristes dans votre propre ville. Choisissez votre identité selon votre humeur ou vos fantasmes : allemande, française, yougoslave, franco-ontarienne, afghane, cri-ojibwa. Vous pouvez porter un costume.


3) Trouvez, comme tous bons touristes, le centre-ville de cette ville à découvrir.


4) Apportez votre caméra numérique et demandez à un passant de prendre votre photo devant tout ce que qui vous émerveille. Des exemples : les poubelles dans la ruelle Old City Hall, l’écran lumineux du Rainbow Centre, l’Inuksuk coin Durham/Elgin, l’itinérant couché devant la Banque Royale, le Pay Day Loan Centre, le Ledo, l’église anglicane.


5) Allez faire un tour au magasin Hart dans le centre Rainbow. Discrètement, écrivez des messages d’amour dans les cartes de la Saint-Valentin qui n’ont pas été vendues. Remettez-les sur l’étagère et poursuivez votre tournée du magasin comme si de rien n’était.


6) Si vous en avez les moyens, allez prendre une bière sur la Elgin strip et relaxez en rêvant au prochain 15 février, nouvelle journée de l'amour à Sudbury.

mercredi 11 février 2009

L'économie vue par la Sulfureuse

La durabilité d’une économie est comparable à la durabilité des relations entretenues par un être qui cherche la perfection. Il n’y a rien de plus laid et lève-le-cœur que de se trouver face à un quêteur économique qui fait pour avoir et qui a pour être, et qui n’est jamais complètement parce qu’il ne trouve pas tout-à-fait le parfait avoir.

On dit que les mines et les forêts ne dureront pas. On se trompe. Ce qui ne durera pas, c’est le besoin qu’on en a pour la création de richesses artificielles, d’un monde haut et solide, a l’abri de toute fin.

Vive la fragilité qui ébranle nos désirs de perfection.

On se replie dans notre Sudbury « grand trou noir » pour un bout, comme des enfants sous leur cabane en couvertes?

dimanche 1 février 2009

Se faire soigner à Sudbury

Il n'existe qu'une raison pour voyager à Sudbury lorsqu'on vient du corridor de la 11: se faire soigner. Depuis un an, je n'accueille chez-moi que des gens de passage à l'hôpital. Ce n'est pas déprimant. J'ose même croire que c'est réconfortant.

Lorsque la vieillesse et la maladie font voir qu'ils travaillent dans des corps qu'on aime, on aime davantage l'être comme la vie. On profite de ce qui reste parce que c'est tout, finalement. C'est bête, mais c'est comme ça.