dimanche 30 août 2009

Sudbury sur une balançoire

Il y a des villes qui aspirent à l'imitation, à être comme l'autre dont tout le monde parle. Il y en a d'autres qui se créent, par acte contestataire. La mienne se balance entre les deux, chaussant maladroitement ce qu'elle pique au voisin, étreinant fièrement ce qu'elle invente. Son incertitude est charmante.

dimanche 23 août 2009

Parcelle d'humanité

J’ai carrément dit à un indien hier soir qui m’accostait au centre-ville de Sudbury que je n’avais pas d’argent à lui donner, alors qu’il ne m’avait même pas encore posé la question. Je charriais mes sacs d’épicerie qui pesaient deux tonnes au bout de mes bras, et un sac à dos attaché à la taille qui en contenait autant, sinon plus. Je m’empressais à rentrer pour me reposer, retourner à ma petite vie tranquille à l’écart des défis du monde, puis fermer les yeux pour ne penser qu’à ça, les insurmontables inégalités, étendue dans un lit confortable, sur un matelas neuf, même pas le goût de me saouler, parce qu’il y a des choses à faire demain, le lavage, la vaisselle, le ménage, la poésie, le rattrapage dans un travail que je déteste, l’émission qui m’accroche à cette boîte dans le salon. Non, je n’ai rien à donner, même pas une petite parcelle d’humanité.

vendredi 21 août 2009

Feux de circulation

J’ai vu l’étrange et redoutable humanité en action ce matin, au coin John et Paris, en attendant l’autobus. Les automobilistes freinent au feu rouge, repartent au feu vert, ralentissent et accélèrent selon la circulation. Ils regardent la gauche avant de faire une droite, et la droite avant de faire leur gauche.

Il n’y a rien de plus troublant que d’observer la discipline dans un décor tout-à-fait ordinaire, banal. On saisit alors toute la force qui réside dans le pouvoir, et son possesseur, lui, peut tout aussi bien imposer un feu de plus qu’une taxe, une vision ou une guerre.

vendredi 14 août 2009

Temps

Il fait beau aujourd'hui, même au Royaume de Vulcain.

vendredi 7 août 2009

Petites vagues de lac à eau douce

Ma tête, mon cœur respirent sans s’étouffer. Je prends la ruelle à l’aube, regarde l’arc-en-ciel disparaître.

Mes yeux brûlent.

On se fiche de mes incohérences, ici, sans leur laisser tout-à-fait leur paix. Les jugements trottent autour. Je leur souhaite le bonjour par peur d’avoir l’air impoli. Je suis village plus que je ne voudrais l’être, et pas assez ville pour faire semblant d’aimer le vin cher.

Tant que l’alcool soûle.

J’erre en sauvage soumise sans m’étouffer, sans sauter, sans extrémités.