Le drapeau franco-ontarien a eu 33 ans, il y a quelques semaines, le 25 septembre plus précisément, comme moi, plus tôt cette année. L’âge du Christ, cloué.
J’ai toujours eu l’impression que 1975 était une année terrible pour naître (pauvre drapeau).
Au fur et à mesure que je grandissais (… et grandissais …et grandissais), tout autour rapetissait. On coupait (juste avant que mon groupe y soit rendu) les programmes parascolaires, les équipes sportives, les activités culturelles, les bourses RAFÉO, les bonnes jobs d’étudiants l’été, au moulin de pâte et papier.
On abolissait l’apprentissage de la grammaire à l’école en prétendant qu’on apprenait mieux une langue en la lisant et la parlant. Pas faux, tout à fait, sauf qu’à 33 ans, je ne connais pas les temps de verbe. Il y a pire, je sais, mais ça me dérange et je suis trop lâche pour faire l’effort comme adulte.
Aux ados de la cuvée 1975, à l’âge où on se fout royalement de tout, on commençait à parler de sécurité et de gestion du risque. Du jour au lendemain, on nous annonçait, à nous qui avions 16 ans, qu’il fallait désormais porter un casque à bicycle, fumer à l’extérieur du terrain de l’école, ne plus se promener dans les corridors pendant les cours à moins d’avoir une passe et d’oublier notre voyage éducatif au Koweït.
Bof.
Le pire, c’est qu’on laissait tout passer comme un couteau dans le beurre. Pas de manif, de rébellion, de révolution. Pas de soulèvement. Même pas une petite colère ou une montée de ton. 1975 était invisible et lâche.
À bien y penser, j’ai peu d’amis de mon âge dans mon entourage. Qu’est-ce que cela veut dire?
Invisible, 1975. Invisible.
Vous comprendrez, alors, que lorsque je passe devant le MOnnnnument de la francophonie, le géant drapeau franco-ontarien érigé dans la cours d’école du Sacré-Cœur, à Sudbury, le 25 septembre 2008, je n’en ai que faire. Il me rappelle mon désenchantement serein, mon que dalle général. J’ai 33 ans et un drapeau qui me le rappelle.
Bof.
mardi 7 octobre 2008
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Blogoliste
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NOUVEAU SITE WEBIl y a 15 ans
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Pauvre christ! (remarque que cette expression est normalement utilisée lorsqu'on réfère à une personne de sexe masculin)
RépondreEffacerSi tu veux accentuer les effets de ce coup de cafard, compare ce que tu as fait dans ta vie jusqu'à présent à ce que notre ami Jay Cee a fait avec la sienne. C'est une comparaison que je trouvais démoralisante à l'époque ou j'ai moi-même franchi ce cap.
Et si tu veux tourner le fer dans la plaie, procède à cette comparaison au futur antérieur.
J'suis née en '75 moi aussi. Loin de la Franco-Ontarie cependant. J'ai de bons arguments pour toi:
RépondreEffacer- C'est toujours plus facile de compter les années quand on est née en '75.
- 1975, c'était l'année internationale de la Femme. Regarde quelles femmes nous sommes devenues.
- 1975... pas de crise économique, pas d'élections fédérales.
- 1975, la bouteille d'O'keefe avait l'air d'un sein, les hommes portaient l'afro (alors que nous étions pratiquement chauves), la cigarette était permise partout et nos mères avaient des appareils ménagers coordonnés jaune, rouge ou vert.
On va commencer avec ça, je vais en trouver d'autres, c'est certain.
anonyme: Pauvre christ, mets-en! Surtout avec ce que tu me proposes comme exercice. J'aurai essayé, au moins. Ben... pas tant que ça, mais je me pardonne.
RépondreEffacereugenie: c'est vrai que c'est spécial de pouvoir dire qu'on aura cent ans en 2075, beau chiffre presque rond.