dimanche 2 novembre 2008

Cliché d'un campus en fête

Une femme amérindienne, chanteuse de chants d’honneur, assise sur une roche près du tipi de l’Université Laurentienne, médite, immobile dans sa longue jupe rouge satin, sourire aux lèvres, parmi le tohu-bohu de la collation des grades de l’automne, des gens qui s’énervent et courent autour pour l’eau qui n’est pas sur le podium, qui était censé l’être au cas où notre recteur aurait soif pendant la cérémonie, des diplômées en talons aiguille qui se pratiquent à marcher sur le tapis jaune moutarde usé devant leurs parents fiers, des professeurs et doyens en costumes savants et ridicules cortègeant sérieusement sans même offrir un commencement de petit sourire en coin, de la femme-chef, avec ses acquiescements de bonne petite première de classe aux cinq secondes pendant les longs discours des invités honorifiques qui répètent comme un psaume leur leçon vide de vie.

Une amérindienne sculpture de sel, clichée et vraie, respire au milieu de cette cérémonie traditionnelle des moins honnêtes, parce qu’il n’y a pas pire mensonge que de raconter aux foules qu’un rêve est suffisant, que l’avenir leur appartient, qu’un jour comme celui-ci est le début du reste d’une vie.

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