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mardi 10 novembre 2009

Trop de bouette sur le béton

On se laisse inspirer par qui, par quoi, quand, comment ? On s’inspire de qui, de quoi, et quand, pourquoi ? Comment on chasse le vide ? Comble l’absence ? Remplit le trou ? Écrit autre chose que de l’air ?

Y a trop de vert sur la roche. Trop de bouette sur le béton. Ça empêche les frissons de voyager jusqu’à mon corps. Ça bloque mon cœur. Ça remplit ma tête de gouttelettes tellement minuscules qu’elles s’évaporent avant même d’exister, faute de substance ou de folie.

dimanche 4 octobre 2009

Gibelotte du dimanche pour récupérer

C’est en écrivaillant que l’on se cherche, que l’on espère mal imiter les autres, pour s’écarter consciemment d’un soi omniprésent, péteux et pédant. Je ne savais même pas que l’on construisait un deuxième beau Walmart à Sudbury. Je l’ai vu en sortant du SilverCity où je suis aller voir Capitalism : a Love Story. On remercie toujours les partenaires avant un show, mais les partenaires ne vont jamais voir les spectacles. Pensez-vous que je devrais ramasser mes tomates ou les laisser rougir encore un peu?

vendredi 7 août 2009

Petites vagues de lac à eau douce

Ma tête, mon cœur respirent sans s’étouffer. Je prends la ruelle à l’aube, regarde l’arc-en-ciel disparaître.

Mes yeux brûlent.

On se fiche de mes incohérences, ici, sans leur laisser tout-à-fait leur paix. Les jugements trottent autour. Je leur souhaite le bonjour par peur d’avoir l’air impoli. Je suis village plus que je ne voudrais l’être, et pas assez ville pour faire semblant d’aimer le vin cher.

Tant que l’alcool soûle.

J’erre en sauvage soumise sans m’étouffer, sans sauter, sans extrémités.

lundi 6 juillet 2009

Pouvoir / paresse

Je pourrais vous expliquer en 5 000 mots ce qui se passe lorsqu’un assoiffé de P cherche à régner, mais je m’endormirais sur mon clavier bien avant les 100 premiers.

Résumé : 1 + 1 - 2 = 0.

Les quêtes purement buteuses (voir axées sur le but), mènent le monde, et le monde ne se porte pas mieux.

Vive les assoiffés du petit p.

dimanche 31 mai 2009

L'échec de la tranquillité

Jouer le jeu sans se poser de questions sur sa pertinence ou son bien fondé, c’est se résigner à ce que les choses demeurent les mêmes pour l’éternité. Se faufiler dans le jeu pour obtenir ce qu’on veut, c’est avouer la stupidité de l’humanité. J’y crois presque à cette stupidité aujourd’hui, mais j’ai encore assez d’énergie pour retenir la chute définitive. En haut, les gros s’énervent, jugent vite, et attaquent. Ils veulent pour obtenir, et obtiennent pour mesurer.

La mesure est un but. Ça veut dire quoi en bout de ligne? Croissance égale succès? Décroissance égale faillite? Croissance spectaculaire égale excellence? Décroissance dramatique égale pourriture?

En bas, on laisse encore la chance au coureur , mais les chances, comme toutes ressources, s’épuisent. Et puis, l’épuisement du bas, ça ne veut rien dire pour les gros d’en haut. Ils trouveront toujours d’autres ressources, aussi polluantes soient-elles. Et puis, le bas peut s’évader aussi, vivre à l’extérieur du monde, en sachant que cela ne changera rien, même pas sa tranquillité d’esprit.

jeudi 14 mai 2009

Les faits et la mort

On m’a reproché de ne pas être assez factuelle aujourd’hui.

C’est un des plus beaux compliments qu’on m’ait fait.

Être factuel lorsqu’on vit dans une ville comme Sudbury, c’est presque comme vouloir mourir, non?

Un fait est un fait.

Une invention, par contre, ça peut être n’importe quoi.

jeudi 7 mai 2009

Jeune femme, tu as le choix!

D’après mes observations, les seuls à publiciser dans les autobus de Sudbury sont les organismes Pro-vie. Ils en ont bien le droit, pourvu qu’on ne m’attaque pas à coup de matraque si j’ose exprimer une opinion contraire.

Mais côté lecture le matin, j’aimerais bien bénéficier d’un peu de variété. Un fœtus sur fond mauve qui invite les jeunes femmes enceintes à composer le numéro d’une ligne d’aide, sûrement moralisatrice, ça ne contribue pas beaucoup à l’éveil de l’esprit.

Si j’avais les poches pleines de sous, je les achèterais tous, ces espaces publicitaires dans les autobus de Sudbury, ou au moins ceux sur le 500 University, un autobus qui charrie en majorité de gens qui fréquentent un lieu de haut savoir, où l’on encourage la pensée critique, le débat des idées et l’engagement social! (?) Oui. C’est un fait.

Sur mes annonces, j’y ferais imprimer du texte noir sur fond blanc, parce que lorsqu’on fréquente l’université, on ne devrait plus avoir besoin de dessins pour apprécier, comprendre et imaginer le monde. Des organigrammes, peut-être, mais pas de dessins.

Ne pensez surtout que je suis contre les dessins. J’aime bien les dessins. Preuve? Cliquez ici. Mais les mots, c’est mieux. Bon. Voilà un argument digne d’un baccalauréat.

Sur mes espaces publicitaires blancs, je pourrais écrire en noir, par exemple :

- Ton sac prend la place d’une personne qui est debout en ce moment. Bravo.
- Les vaches s’évachent dans les champs. Et dans les autobus? Oui on Non?
- Tu viens de raconter tes péripéties sexuelles de la veille à un public de 50 personnes. Deux personnes n’ont rien entendu. Parle plus fort la prochaine fois.
- Touche le dessous de ton banc... LOL!
- Minouchage extrême interdit (Ce n’est pas juste moi qui a le goût de vomir).


D'autres idées?

Des dons en vue d'achat d'espaces publicitaires?


vendredi 3 avril 2009

Procès verbal: vendredi, pluie, Sudbury

1. Les gouttes et le toit font de la musique.
2. Les marches en pierre de ma demeure sont en décomposition.
3. Les cheveux des gens qui frisent sont encore plus frisés.
4. Les nids de poule, remplis d’eau, sont des miroirs.
5. Les reflets des camions dans l’eau des nids sont plus beaux que les camions.
6. L’intérieur de mon bureau est moins étouffant.
7. La glace sur le lac Ramsey est mouillée.
8. Je me trouve à cinq kilomètres de la bière dans mon réfrigérateur.
9. Cinq kilomètres sous la pluie, sans parapluie, c’est correct quand la destination est intérieure.
10. Je sais pu quoi dire.

... Proposé. Appuyé.


mercredi 12 novembre 2008

Être ou avoir?

Même avec mon ipod full-blast, des fois j'entends des drôles de choses dans le 500 University:

« J’ai hâte d’être fini l’école pour toujours. »

J'critique pas! J'critique pas, là, là... Énervez-vous pas.

Au moins, elle parle français.

dimanche 2 novembre 2008

Cliché d'un campus en fête

Une femme amérindienne, chanteuse de chants d’honneur, assise sur une roche près du tipi de l’Université Laurentienne, médite, immobile dans sa longue jupe rouge satin, sourire aux lèvres, parmi le tohu-bohu de la collation des grades de l’automne, des gens qui s’énervent et courent autour pour l’eau qui n’est pas sur le podium, qui était censé l’être au cas où notre recteur aurait soif pendant la cérémonie, des diplômées en talons aiguille qui se pratiquent à marcher sur le tapis jaune moutarde usé devant leurs parents fiers, des professeurs et doyens en costumes savants et ridicules cortègeant sérieusement sans même offrir un commencement de petit sourire en coin, de la femme-chef, avec ses acquiescements de bonne petite première de classe aux cinq secondes pendant les longs discours des invités honorifiques qui répètent comme un psaume leur leçon vide de vie.

Une amérindienne sculpture de sel, clichée et vraie, respire au milieu de cette cérémonie traditionnelle des moins honnêtes, parce qu’il n’y a pas pire mensonge que de raconter aux foules qu’un rêve est suffisant, que l’avenir leur appartient, qu’un jour comme celui-ci est le début du reste d’une vie.