Toute cette fatigue de fin de journée, fatigue de soleil d’hiver qui se couche trop tôt, toute cette pesanteur éteinte par ce ciel en feu, rouge vif sur neige blanche.
Un feu dans le ciel après l’école, un feu de langue sur le poteau, un feu d’mitaines trempées aux os, un feu d’enfance sur la neige blanche, le ciel en feu dans tous mes membres, le feu dans le coeur pour tout ce qui reste.
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mercredi 2 décembre 2009
lundi 23 novembre 2009
Politiquer en milieu minoritaire
Faire de la politique en milieu minoritaire est un devoir, rarement un choix.
J’envie ceux qui le font par obligation, qui le font bien, malgré leur envie d’écrire, et leurs envies de plein d’autres choses.
J’envie ceux qui le font sans commettre l’acte du faux, parce qu’ils croient en l’art et la laideur tellement laide qu’elle devient belle.
J’envie ceux qui se jettent dans ce monde compromettant sans se compromettre, qui inspirent sans aspirer, idéalisent sans mesurer, régionalisent au lieu d’imiter.
J’envie ceux qui le font pour les autres, surtout, et l’avenir, parce qu'ils refusent la facilité, l'habitude qu'on a d'abandonner nos rêves pour le confort.
J’envie ceux qui le font par obligation, qui le font bien, malgré leur envie d’écrire, et leurs envies de plein d’autres choses.
J’envie ceux qui le font sans commettre l’acte du faux, parce qu’ils croient en l’art et la laideur tellement laide qu’elle devient belle.
J’envie ceux qui se jettent dans ce monde compromettant sans se compromettre, qui inspirent sans aspirer, idéalisent sans mesurer, régionalisent au lieu d’imiter.
J’envie ceux qui le font pour les autres, surtout, et l’avenir, parce qu'ils refusent la facilité, l'habitude qu'on a d'abandonner nos rêves pour le confort.
mardi 17 novembre 2009
Petits pas vers l'ailleurs, le chez soi
Il y a le soleil qui tombe et les mouettes qui pleurent sur le lac. Elles se rassemblent en troupeau vers 17 h à quelques mètres du rivage de la plage principale. Elles tourbillonnent en bourrasque au-dessus de l’eau, se prennent pour de la neige qui s’en vient, s’installent sur le lac pour manger, se reposer.
Il y a l’air à la brunante qui fait du bien, l’herbe croustillante de l’automne, les hommes de construction qui labourent l'asphalte sous la lumière des phares et lampadaires. Des escaliers et des pigeons.
Il y a les questions, la réflexion, la décision qui prend du temps, l’hésitation omniprésente, tourmente.
Il y a le retour vers un ailleurs réconfortant, le véritable chez soi, qui ne compte pas beaucoup là-bas, où les stratégies se lavent de tout régionalisme par peur de perdre une quelque qualité mesurable.
Il y a le je-m'en-fiche, mais j'y pense. Ça me fait perdre à tout coup.
Il y a l’air à la brunante qui fait du bien, l’herbe croustillante de l’automne, les hommes de construction qui labourent l'asphalte sous la lumière des phares et lampadaires. Des escaliers et des pigeons.
Il y a les questions, la réflexion, la décision qui prend du temps, l’hésitation omniprésente, tourmente.
Il y a le retour vers un ailleurs réconfortant, le véritable chez soi, qui ne compte pas beaucoup là-bas, où les stratégies se lavent de tout régionalisme par peur de perdre une quelque qualité mesurable.
Il y a le je-m'en-fiche, mais j'y pense. Ça me fait perdre à tout coup.
mercredi 11 novembre 2009
Le boeuf en papier mâché et la parade du Père Noel
Il était une fois un bœuf en papier mâché qui rêvait depuis sa tendre enfance de participer dans un défilé du Père Noel. En poursuite de son rêve, il avait parcouru toutes les villes du Canada, de Saint-Jean, à l’extrême est, à Vancouver, à l’ouest extrême, pour trouver un chef de défilé du Père Noel qui lui dirait : « oui, tu peux l'être dans not’ parade, mon beau boeuf »!
Mais jamais, non jamais!, ne lui avait-on répondu oui! à ce pauvre bovin.
«T'es faite en papier mâché, tabarouette. Tu vas fondres sous not' belle neige!»
Tout débobiné, après des décennies de refus, de faillite et de perte de confiance en soi, le boeuf s'en alla se réfugier au milieu, à Sudbury, pour se cacher. Là, au moins, il pourrait brouter du vide pour bien remplir son gros coeur, vide, lui aussi.
Mais un bon jour, en trottant tristement sur la Elgin, après avoir consommé une bière, ou deux, ou trois, le boeuf rencontra une gang d'artistes qui, eux aussi, avaient connu une soirée bien arrosée.
« Aye! Que cé qu'tu fais icitte toé mon gros boeuf ?»
« Bah... Rien...»
« Ben, si tu fais rien, tu pourrais te joindre à nous pour la parade du Père Noel. On n'a pas de chariot! Un boeuf, ça va faire l'affaire!»
« Mais, je vais fondre sous vot' belle neige? Chu faite en papier mâché.»
« Pas grave, on peut te r'coller après, nous autres. On est bon là dedans!»
Après tant d'années de voyageage, de peine et de chagrin et de misère d'adulte, le petit coeur d'enfant du boeuf en papier mâché se rallumait. Il allait enfin vivre son plus grand rêve dans le défilé du Père Noel de Sudbury.
Pour accompagner le boeuf dans sa plus grande aventure à vie, cliquez ici.
Mais jamais, non jamais!, ne lui avait-on répondu oui! à ce pauvre bovin.
«T'es faite en papier mâché, tabarouette. Tu vas fondres sous not' belle neige!»
Tout débobiné, après des décennies de refus, de faillite et de perte de confiance en soi, le boeuf s'en alla se réfugier au milieu, à Sudbury, pour se cacher. Là, au moins, il pourrait brouter du vide pour bien remplir son gros coeur, vide, lui aussi.
Mais un bon jour, en trottant tristement sur la Elgin, après avoir consommé une bière, ou deux, ou trois, le boeuf rencontra une gang d'artistes qui, eux aussi, avaient connu une soirée bien arrosée.
« Aye! Que cé qu'tu fais icitte toé mon gros boeuf ?»
« Bah... Rien...»
« Ben, si tu fais rien, tu pourrais te joindre à nous pour la parade du Père Noel. On n'a pas de chariot! Un boeuf, ça va faire l'affaire!»
« Mais, je vais fondre sous vot' belle neige? Chu faite en papier mâché.»
« Pas grave, on peut te r'coller après, nous autres. On est bon là dedans!»
Après tant d'années de voyageage, de peine et de chagrin et de misère d'adulte, le petit coeur d'enfant du boeuf en papier mâché se rallumait. Il allait enfin vivre son plus grand rêve dans le défilé du Père Noel de Sudbury.
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samedi 24 octobre 2009
Un champignon dans l'arbre
vendredi 9 octobre 2009
Duel des super poètes dans le Sudbury Glam-Tunnel
Du cutting-edge performance à la sudburoise.
Visionnez les poètes en vidéo sur le site de la Galerie du Nouvel-Ontario.
Visionnez les poètes en vidéo sur le site de la Galerie du Nouvel-Ontario.

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dimanche 4 octobre 2009
Gibelotte du dimanche pour récupérer
C’est en écrivaillant que l’on se cherche, que l’on espère mal imiter les autres, pour s’écarter consciemment d’un soi omniprésent, péteux et pédant. Je ne savais même pas que l’on construisait un deuxième beau Walmart à Sudbury. Je l’ai vu en sortant du SilverCity où je suis aller voir Capitalism : a Love Story. On remercie toujours les partenaires avant un show, mais les partenaires ne vont jamais voir les spectacles. Pensez-vous que je devrais ramasser mes tomates ou les laisser rougir encore un peu?
dimanche 13 septembre 2009
Silly sans souci Sudbury
Est-il possible d'être à la fois sérieux et humain? Sudbury, sans son ridicule, se ferait tuer, et sa citoyenne, toute sérieuse et triste, s'envolerait en poussière. Elle aime mieux couper l'herbe en chantant comme le train que songer aux moyens de maximiser demain.
dimanche 23 août 2009
Parcelle d'humanité
J’ai carrément dit à un indien hier soir qui m’accostait au centre-ville de Sudbury que je n’avais pas d’argent à lui donner, alors qu’il ne m’avait même pas encore posé la question. Je charriais mes sacs d’épicerie qui pesaient deux tonnes au bout de mes bras, et un sac à dos attaché à la taille qui en contenait autant, sinon plus. Je m’empressais à rentrer pour me reposer, retourner à ma petite vie tranquille à l’écart des défis du monde, puis fermer les yeux pour ne penser qu’à ça, les insurmontables inégalités, étendue dans un lit confortable, sur un matelas neuf, même pas le goût de me saouler, parce qu’il y a des choses à faire demain, le lavage, la vaisselle, le ménage, la poésie, le rattrapage dans un travail que je déteste, l’émission qui m’accroche à cette boîte dans le salon. Non, je n’ai rien à donner, même pas une petite parcelle d’humanité.
dimanche 12 avril 2009
Du vide, pour rêver et angoisser
Le centre-ville est fantôme en ce dimanche de Pâques. J’ai encore de la difficulté à choisir entre mon amour du lieu vide et mon désir de voir du monde l’habiter. Un lieu sans humains réconforte mon âme sauvage-solitude, nourrit ma curiosité face à la finitude.
Un lieu rempli de fourmis travailleuses, dynamiques et axées sur le but, aurait une espérance de vie plus élevée, comme un centre d’achat en banlieue, par exemple, ou une grande surface sur le bord de la route, à l’entrée d’une ville...
... Mais les foules m’exaspèrent, et les centres d’achat qu’elles appuient bêtement ne meurent pas.
Les hommes ne durent pas, ne dureront jamais, mais ils choisissent les choses et les lieux qu’ils veulent voir durer, pour la postérité.
Le reste, devient du vide, pour rêver et angoisser.
Un lieu rempli de fourmis travailleuses, dynamiques et axées sur le but, aurait une espérance de vie plus élevée, comme un centre d’achat en banlieue, par exemple, ou une grande surface sur le bord de la route, à l’entrée d’une ville...
... Mais les foules m’exaspèrent, et les centres d’achat qu’elles appuient bêtement ne meurent pas.
Les hommes ne durent pas, ne dureront jamais, mais ils choisissent les choses et les lieux qu’ils veulent voir durer, pour la postérité.
Le reste, devient du vide, pour rêver et angoisser.
mardi 3 mars 2009
Petits arbustes sous toiles de jute
Chaque matin, en marchant vers l’arrêt d’autobus, je croise des enfants qui marchent vers l’école. Je ne sais pas si c’est le quartier ou la ville ou les pigeons ou l’air ou le soufre ou leur école ou… moi…, qui les rend si tristes, mais je n’ai aucun souvenir d’avoir autant regardé le sol en traînant avec grande peine mon corps avec mes jambes vers un soit disant lieu d’apprentissage et de culture (?)
Ces enfants ressemblent à des arbustes qu’on a couverts de jute pour l’hiver, et qui se transforment par magie en flore mobile, parce qu’il est mieux, décident-ils soudainement, de bouger un peu que d’être plantés là à mourir de froid.
Je leur ressemble aujourd’hui un peu, mais passé les 30 ans on a le droit, il me semble, de se couvrir de toile sans percer de trous d yeux un jour sur deux. De croiser chaque jour des bouts humains dépressifs qui mesurent sous les 4 pieds, c’est signe que l’espoir, ben, raccourcit puis pas juste un petit brin.
C'est pas con des enfants.
Ces enfants ressemblent à des arbustes qu’on a couverts de jute pour l’hiver, et qui se transforment par magie en flore mobile, parce qu’il est mieux, décident-ils soudainement, de bouger un peu que d’être plantés là à mourir de froid.
Je leur ressemble aujourd’hui un peu, mais passé les 30 ans on a le droit, il me semble, de se couvrir de toile sans percer de trous d yeux un jour sur deux. De croiser chaque jour des bouts humains dépressifs qui mesurent sous les 4 pieds, c’est signe que l’espoir, ben, raccourcit puis pas juste un petit brin.
C'est pas con des enfants.
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mardi 24 février 2009
L'esprit de quartier est surévalué
Il n’y a plus d’épicerie dans mon quartier. Je marcherai plus loin, c’est tout. Je mangerai un morceau de gâteau du plus, question d’avoir la force nécessaire pour traîner pendant un peu plus longtemps, sur mon dos et au bout des bras, mes sacs de nourriture.
Il n’y a plus d’épicerie dans mon quartier. Y a franchement jamais eu grand-chose dans mon quartier sudburois qui puisse encourager, stimuler, faire croître la piétonnerie.
Mais bon, je ne me plains pas. Marcher plus loin, contourner, monter, traverser, ça garde en forme, ça renforce, ça donne du temps, ça calme les nerfs, ça fait fuir.
Y a pas grand-chose franchement qui puisse me décourager. Vous avez beau me les enlever, les quelques nécessités à portée de pas, vous ne me forcez qu’à marcher plus loin, et je n’y trouve rien de bien effrayant.
Il n’y a plus d’épicerie dans mon quartier. Y a franchement jamais eu grand-chose dans mon quartier sudburois qui puisse encourager, stimuler, faire croître la piétonnerie.
Mais bon, je ne me plains pas. Marcher plus loin, contourner, monter, traverser, ça garde en forme, ça renforce, ça donne du temps, ça calme les nerfs, ça fait fuir.
Y a pas grand-chose franchement qui puisse me décourager. Vous avez beau me les enlever, les quelques nécessités à portée de pas, vous ne me forcez qu’à marcher plus loin, et je n’y trouve rien de bien effrayant.
mardi 13 janvier 2009
Tomber dans l'amusement
Lors des derniers mois, je n’ai fait que des choses que j’aime pour voir ce que ça allait donner. Écrire égoïstement, sans but ni cause noble, bloguer, raconter n’importe quoi, lire des livres qui ne changent rien à la vie, surligner les beaux passages qui ne changent rien à la vie, marcher au bord du lac, dans les rues, la neige, la sloche, la glace, perdre l’équilibre sur un coin sans tomber, croire aux miracles, aller au cinéma l’après-midi, à la pharmacie l’avant-midi, étirer le café du matin jusqu’à midi, danser en bas glissant sur le plancher de bois franc, faire le ménage des vieux vêtements, essayer une vieille paire de jeans, circa 1994, qui ne fait plus, la replier en se disant que l’année prochaine…, écrire des lettres familières à un étranger, fumer même si on a lâché.
Dormir. J’aime bien dormir.
Lors des derniers mois, je me suis laissée emporter par mon amour du banal, de la lenteur, du rien, du sans substance. Et j’ai pris du retard. Du retard sur les promesses faites en dépit des désirs, les obligations que l’on s’impose parce que les autres ont cette image de nous et qu’elle ressemble à de la crédibilité. J’ai pris du retard sur tout ce que je fais semblant d’aimer avec passion.
Maintenant, je me rattrape et c’est plat, plat, blah.
Donnez-moi une semaine et je retombe dans l’amusement sulfureux à pleine planche.
Bonne année 2009 ! (Briser des promesses, c'est ma résolution. C'est maintenant fait)
Dormir. J’aime bien dormir.
Lors des derniers mois, je me suis laissée emporter par mon amour du banal, de la lenteur, du rien, du sans substance. Et j’ai pris du retard. Du retard sur les promesses faites en dépit des désirs, les obligations que l’on s’impose parce que les autres ont cette image de nous et qu’elle ressemble à de la crédibilité. J’ai pris du retard sur tout ce que je fais semblant d’aimer avec passion.
Maintenant, je me rattrape et c’est plat, plat, blah.
Donnez-moi une semaine et je retombe dans l’amusement sulfureux à pleine planche.
Bonne année 2009 ! (Briser des promesses, c'est ma résolution. C'est maintenant fait)
jeudi 27 novembre 2008
Deux oeufs, bacon, café et minijupe
Suggestions d’activités pour le weekend :
1. Faire son lavage au Kathleen Wash and Dry en mangeant un Bacon & Eggs.
2. Se faire couper les cheveux chez une madame qui opère son salon dans sa cuisine dans le Moulin-à-fleur.
3. Prendre l’autobus aller-retour Sudbury/Chelmsford.
4. Boire un café au Tim Hortons au centre-ville de
Sudbury.
5. Marcher en minijupe le dimanche matin sur la Elgin.
dimanche 5 octobre 2008
Bob Dylan n'est pas encore en ville, mais...
Il se passe quelque chose. Le centre-ville de Sudbury fourmillait de monde hier après-midi et Bob Dylan n’est pas encore en ville.
J’ai déposé mon livre à la pharmacie, puis traversé la rue, pour voir ce qu’il y avait comme bottes de marcheuse au Army Surplus.
En sortant du magasin, je me suis arrêtée un moment, regard pointant le boulevard Paris pour observer un moment la ville. C’est une de mes vues préférées. On y sent le cratère et on ne doute plus de la théorie cataclysmique à l’origine de la minière. C’est plus beau à l’aurore ou à l’aube, comme la plupart des choses dans ce monde, d’ailleurs.
Arrêt à la librairie obligée, pour le deuxième tome de Millénium.
Il se passe quelque chose, je vous dis.
Je ne lis pratiquement jamais de romans policiers et Stieg Larsson a eu raison de mes nuits cette semaine. C’est peut-être parce que je peux acheter des livres sur un coup de tête que je me permets des polars en à-côté.
La Fromagerie Elgin était pleine à craquer. J’avais du mal à voir les fromages. Dans un coin, une petite fille, française, à la bette beurrée, dégustait goulûment un croissant au chocolat, puis un deuxième, que sa mère lui a offert sans hésiter.
Dans un autre coin, la cinéaste amérindienne Darlene Naponse, et sa directrice de production Mercedes Cuerto, discutait, sans doute du film qu’elles s’apprêtent à réaliser, Every Emotion Costs, et qui a obtenu près d’un million en financement.
T.A.G. and Film, galerie d’art contemporain, où l’on peut aussi louer des films « foreign », s’installe dans l’espace de la Fromagerie. Le propriétaire est à Toronto, me dit-on. Il magasine d’autres films. Il rouvrira le 14 octobre.
Il se passe quelque chose dans la minière. On me le dit parfois. Je veux y croire et j’ai du mal à y croire, allez savoir pourquoi. Hier, jai senti le shift, comme l’hiver qui s’approche. J’étais touriste dans ma ville, dépaysée dans mon centre-ville « saucisse dans le vinaigre ».
Je suis retournée chez moi le cœur pimpant, pimpant, pimpant. Et je suis ressortie.
J’ai déposé mon livre à la pharmacie, puis traversé la rue, pour voir ce qu’il y avait comme bottes de marcheuse au Army Surplus.
En sortant du magasin, je me suis arrêtée un moment, regard pointant le boulevard Paris pour observer un moment la ville. C’est une de mes vues préférées. On y sent le cratère et on ne doute plus de la théorie cataclysmique à l’origine de la minière. C’est plus beau à l’aurore ou à l’aube, comme la plupart des choses dans ce monde, d’ailleurs.
Arrêt à la librairie obligée, pour le deuxième tome de Millénium.
Il se passe quelque chose, je vous dis.
Je ne lis pratiquement jamais de romans policiers et Stieg Larsson a eu raison de mes nuits cette semaine. C’est peut-être parce que je peux acheter des livres sur un coup de tête que je me permets des polars en à-côté.
La Fromagerie Elgin était pleine à craquer. J’avais du mal à voir les fromages. Dans un coin, une petite fille, française, à la bette beurrée, dégustait goulûment un croissant au chocolat, puis un deuxième, que sa mère lui a offert sans hésiter.
Dans un autre coin, la cinéaste amérindienne Darlene Naponse, et sa directrice de production Mercedes Cuerto, discutait, sans doute du film qu’elles s’apprêtent à réaliser, Every Emotion Costs, et qui a obtenu près d’un million en financement.
T.A.G. and Film, galerie d’art contemporain, où l’on peut aussi louer des films « foreign », s’installe dans l’espace de la Fromagerie. Le propriétaire est à Toronto, me dit-on. Il magasine d’autres films. Il rouvrira le 14 octobre.
Il se passe quelque chose dans la minière. On me le dit parfois. Je veux y croire et j’ai du mal à y croire, allez savoir pourquoi. Hier, jai senti le shift, comme l’hiver qui s’approche. J’étais touriste dans ma ville, dépaysée dans mon centre-ville « saucisse dans le vinaigre ».
Je suis retournée chez moi le cœur pimpant, pimpant, pimpant. Et je suis ressortie.
jeudi 2 octobre 2008
Bookcrossing sulfureux, numéro 2
Celui-là, j’ai pas le goût de le jeter à la rue, mais j’ai promis. Puis, je pourrai m’en acheter une deuxième copie, si j’en ai envie.
C’est le titre qui m’a accrochée. C’est beau, non?
Onze courtes nouvelles sur l’amour épuisé, qui se lisent en quelques heures, dans un café.
Je vous l’offre. Je le laisserai traîner, dès samedi, 4 octobre, midi, dans un rayon de la pharmacie Rexall, au centre-ville de Sudbury. Elle ferme à 14 h. Quoi? Faut s’y attendre, voyons! Vous êtes sudburois ou vous ne l’êtes pas?
Quelques extraits, pour le goût :
« Tu persistes à penser que je ne comprends pas ce que tu écris. Je ne suis pas à la hauteur, sans doute, du grantécrivain, pour percevoir la subtilité de son œuvre. Au lieu de faire l’amour comme les autres couples…, nous passons nos soirées – quand tu es à la maison – à lire tes textes dans notre chambre, à les analyser, les décortiquer, Au lieu de nous comporter comme des Français moyens, eh bien, nous faisons de la littérature. Nous n’allons tout de même pas baiser comme tout le monde, vulgairement, une fois la lumière éteinte. »
« Nous allons dire aux enfants que leur vie va changer, avec des mots trompeurs et lâches, dire qu’ils ne doivent pas être inquiets. Leurs parents les aiment, c’est ce qui compte, allons-nous répéter. Leurs parents sont laminés, épuisés par les nuits sans sommeil, les tentatives de sauvetage, les longs tunnels comateux, l’espoir enfui, mais leurs parents vont se tenir devant eux, presque souriants, et vont prononcer deux phrases, tout au plus, deux ou trois phrases composées tout spécialement pour l’occasion, un enchaînement de mots qui dira l’amour et la fin de l’amour, l’amour qu’on a pour eux et l’amour qu’on n’a plus pour nous. Deux phrases qui vont tuer quelque chose en eux, après qu’est mort quelque chose en nous. »
« Disons qu’il n’a pas osé prendre congé en se contentant de m’avoir fait la conversation, ce qui, à mon avis, aurait été la meilleure des initiatives, mais il est des moments où il est plus simple de faire ce qu’on n’a pas envie que de s’abstenir, allez savoir pourquoi. Il est souvent plus simple de faire que de justifier pourquoi on ne fait pas. »
C’est le titre qui m’a accrochée. C’est beau, non?
Onze courtes nouvelles sur l’amour épuisé, qui se lisent en quelques heures, dans un café.
Je vous l’offre. Je le laisserai traîner, dès samedi, 4 octobre, midi, dans un rayon de la pharmacie Rexall, au centre-ville de Sudbury. Elle ferme à 14 h. Quoi? Faut s’y attendre, voyons! Vous êtes sudburois ou vous ne l’êtes pas?
Quelques extraits, pour le goût :
« Tu persistes à penser que je ne comprends pas ce que tu écris. Je ne suis pas à la hauteur, sans doute, du grantécrivain, pour percevoir la subtilité de son œuvre. Au lieu de faire l’amour comme les autres couples…, nous passons nos soirées – quand tu es à la maison – à lire tes textes dans notre chambre, à les analyser, les décortiquer, Au lieu de nous comporter comme des Français moyens, eh bien, nous faisons de la littérature. Nous n’allons tout de même pas baiser comme tout le monde, vulgairement, une fois la lumière éteinte. »
« Nous allons dire aux enfants que leur vie va changer, avec des mots trompeurs et lâches, dire qu’ils ne doivent pas être inquiets. Leurs parents les aiment, c’est ce qui compte, allons-nous répéter. Leurs parents sont laminés, épuisés par les nuits sans sommeil, les tentatives de sauvetage, les longs tunnels comateux, l’espoir enfui, mais leurs parents vont se tenir devant eux, presque souriants, et vont prononcer deux phrases, tout au plus, deux ou trois phrases composées tout spécialement pour l’occasion, un enchaînement de mots qui dira l’amour et la fin de l’amour, l’amour qu’on a pour eux et l’amour qu’on n’a plus pour nous. Deux phrases qui vont tuer quelque chose en eux, après qu’est mort quelque chose en nous. »
« Disons qu’il n’a pas osé prendre congé en se contentant de m’avoir fait la conversation, ce qui, à mon avis, aurait été la meilleure des initiatives, mais il est des moments où il est plus simple de faire ce qu’on n’a pas envie que de s’abstenir, allez savoir pourquoi. Il est souvent plus simple de faire que de justifier pourquoi on ne fait pas. »
mercredi 3 septembre 2008
Map de Sudbury, version sulfureuse

N’ayant pas reçu le don de l’orientation à sa naissance, Sudbury ou un petit goût de soufre sucré pointe le nord lorsqu’on lui demande le sud, ne sait répondre que « c’est par là » à un pauvre touriste égaré et connaît le nom de sa rue, c’est à peu près tout.
Mais parce que son cœur palpite de bonheur chaque fois qu’elle pense à Grand Ciel Bleu, notre librairie générale de langue française, elle a décidé aujourd’hui, en l’occasion de son ouverture officielle, de se départir de cette terrible faiblesse, se surpasser! VISER L'EXCELLENCE! en vous préparant un petit parcours piétonnier sur carte au centre-ville de Sudbury.
Parce qu’elle veut tellement que vous y mettiez les pieds dans cette librairie made in Sudbury, si ce n’est qu’une seule fois.
Mais parce que son cœur palpite de bonheur chaque fois qu’elle pense à Grand Ciel Bleu, notre librairie générale de langue française, elle a décidé aujourd’hui, en l’occasion de son ouverture officielle, de se départir de cette terrible faiblesse, se surpasser! VISER L'EXCELLENCE! en vous préparant un petit parcours piétonnier sur carte au centre-ville de Sudbury.
Parce qu’elle veut tellement que vous y mettiez les pieds dans cette librairie made in Sudbury, si ce n’est qu’une seule fois.
Cliquez sur la carte pour l'aggrandir.
lundi 25 août 2008
Se coller le nez dans le Grand Ciel Bleu
Depuis quelques semaines, un bruit retentit du 93, rue Durham, au centre-ville. Jour et nuit, à l’intérieur, des bénévoles extraterrestres (jamais je n’ai rencontré d’investissement humain égal au leur) s’affèrent à créer l’espace physique et publique permanent du littéraire à Sudbury, tel qu’il apparaît dans leurs rêves.Ça fait longtemps qu’on attend de le rencontrer.
Dans moins de dix jours, vous pourrez entrer dans Grand Ciel Bleu, la librairie du Nouvel-Ontario, poser vos pieds sur son vieux bois franc, fraîchement découvert de ses plaques de prélarts, de papier et de tuiles industrielles (pas tout l’monde ne s’en aurait donné la peine), frôler du bout des doigts les pages de milliers de livres français pour adultes, enfants et universitaires, en prenant un café torréfié ici même à Sudbury.
Si vous passez en ville, allez donc vous coller le nez dans la vitrine du Grand Ciel Bleu pour lui laisser savoir que vous avez hâte de le voir. On vous laissera peut-être y pré-rentrer si vous le frottez assez fort.
dimanche 24 août 2008
La sudburoise montréalaise
Un ami m’écrivait récemment pour me dire qu’il s’abonnerait aux péripéties de la sulfureuse Sudbury même s’il habitait la contrée lointaine de Coniston, à une quinzaine de kilomètres du centre-ville.
Eh oui, il faut me le rappeler de temps en temps. Je vis dans le Grand Sudbury fusionné, dont l’aire géographique de 3 600 kilomètres carrés en fait la ville assise sur le plus grand bout de terre en Ontario. Ça fait beaucoup de marchage ça pour une pédestre.
On m’a même appris que le lac Ramsey n’était plus le plus grand lac contenu à l’intérieur des limites d’une ville. Le Wanapitei l’a détrôné, post fusion.
J’aime exagérément le centre-ville de Sudbury, le vieux Sudbury dépeuplé et magané, royaume des gens qui n’aiment pas déjeuner au resto les dimanches matins ou prendre un café avant midi, paradis de ceux qui attendent plutôt midi pour spiker leur café et manger une saucisse dans le vinaigre.
J’aime exagérément le vide de Sudbury, son silence qui laisse toute la place aux trains et aux quêteux qui se quêtent entre eux, aux photographes de l’invisible.
J’aime tellement le centre-ville de Sudbury que je me suis demandée si je n’étais pas, pour mon ami, devenue une montréalaise sudburoise qui pète plus haut que le trou, qui ignore tout des mondes périphériques qui l’entourent, qui s’en moque au point de les supprimer de son imaginaire, de l’imaginaire collectif.
Et puis non, ce n’est pas pareil. Il y a des lieux qui ont besoin qu’on les aime un peu plus que les autres, sinon ça fait pouf! pour toujours.
Eh oui, il faut me le rappeler de temps en temps. Je vis dans le Grand Sudbury fusionné, dont l’aire géographique de 3 600 kilomètres carrés en fait la ville assise sur le plus grand bout de terre en Ontario. Ça fait beaucoup de marchage ça pour une pédestre.
On m’a même appris que le lac Ramsey n’était plus le plus grand lac contenu à l’intérieur des limites d’une ville. Le Wanapitei l’a détrôné, post fusion.
J’aime exagérément le centre-ville de Sudbury, le vieux Sudbury dépeuplé et magané, royaume des gens qui n’aiment pas déjeuner au resto les dimanches matins ou prendre un café avant midi, paradis de ceux qui attendent plutôt midi pour spiker leur café et manger une saucisse dans le vinaigre.
J’aime exagérément le vide de Sudbury, son silence qui laisse toute la place aux trains et aux quêteux qui se quêtent entre eux, aux photographes de l’invisible.
J’aime tellement le centre-ville de Sudbury que je me suis demandée si je n’étais pas, pour mon ami, devenue une montréalaise sudburoise qui pète plus haut que le trou, qui ignore tout des mondes périphériques qui l’entourent, qui s’en moque au point de les supprimer de son imaginaire, de l’imaginaire collectif.
Et puis non, ce n’est pas pareil. Il y a des lieux qui ont besoin qu’on les aime un peu plus que les autres, sinon ça fait pouf! pour toujours.
jeudi 14 août 2008
Le royaume des amateurs de parking
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