dimanche 24 août 2008

La sudburoise montréalaise

Un ami m’écrivait récemment pour me dire qu’il s’abonnerait aux péripéties de la sulfureuse Sudbury même s’il habitait la contrée lointaine de Coniston, à une quinzaine de kilomètres du centre-ville.

Eh oui, il faut me le rappeler de temps en temps. Je vis dans le Grand Sudbury fusionné, dont l’aire géographique de 3 600 kilomètres carrés en fait la ville assise sur le plus grand bout de terre en Ontario. Ça fait beaucoup de marchage ça pour une pédestre.

On m’a même appris que le lac Ramsey n’était plus le plus grand lac contenu à l’intérieur des limites d’une ville. Le Wanapitei l’a détrôné, post fusion.

J’aime exagérément le centre-ville de Sudbury, le vieux Sudbury dépeuplé et magané, royaume des gens qui n’aiment pas déjeuner au resto les dimanches matins ou prendre un café avant midi, paradis de ceux qui attendent plutôt midi pour spiker leur café et manger une saucisse dans le vinaigre.

J’aime exagérément le vide de Sudbury, son silence qui laisse toute la place aux trains et aux quêteux qui se quêtent entre eux, aux photographes de l’invisible.

J’aime tellement le centre-ville de Sudbury que je me suis demandée si je n’étais pas, pour mon ami, devenue une montréalaise sudburoise qui pète plus haut que le trou, qui ignore tout des mondes périphériques qui l’entourent, qui s’en moque au point de les supprimer de son imaginaire, de l’imaginaire collectif.

Et puis non, ce n’est pas pareil. Il y a des lieux qui ont besoin qu’on les aime un peu plus que les autres, sinon ça fait pouf! pour toujours.

2 commentaires:

  1. J’aime exagérément le centre-ville de Sudbury, le vieux Sudbury dépeuplé et magané, royaume des gens qui n’aiment pas déjeuner au resto les dimanches matins ou prendre un café avant midi, paradis de ceux qui attendent plutôt midi pour spiker leur café et manger une saucisse dans le vinaigre.

    J’aime exagérément le vide de Sudbury, son silence qui laisse toute la place aux trains et aux quêteux qui se quêtent entre eux, aux photographes de l’invisible.

    À mon avis, ceci est le plus beau passage de ton blogue. Tu joues bien ton rôle, poète. Continu à retracer la frontière entre le céleste et l'ignoble. Fais nous entendre ce silence.

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  2. Merci, anonyme, et j'essayerai (en chuchotant)...

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