Je pourrais vous expliquer en 5 000 mots ce qui se passe lorsqu’un assoiffé de P cherche à régner, mais je m’endormirais sur mon clavier bien avant les 100 premiers.
Résumé : 1 + 1 - 2 = 0.
Les quêtes purement buteuses (voir axées sur le but), mènent le monde, et le monde ne se porte pas mieux.
Vive les assoiffés du petit p.
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lundi 6 juillet 2009
dimanche 31 mai 2009
L'échec de la tranquillité
Jouer le jeu sans se poser de questions sur sa pertinence ou son bien fondé, c’est se résigner à ce que les choses demeurent les mêmes pour l’éternité. Se faufiler dans le jeu pour obtenir ce qu’on veut, c’est avouer la stupidité de l’humanité. J’y crois presque à cette stupidité aujourd’hui, mais j’ai encore assez d’énergie pour retenir la chute définitive. En haut, les gros s’énervent, jugent vite, et attaquent. Ils veulent pour obtenir, et obtiennent pour mesurer.
La mesure est un but. Ça veut dire quoi en bout de ligne? Croissance égale succès? Décroissance égale faillite? Croissance spectaculaire égale excellence? Décroissance dramatique égale pourriture?
En bas, on laisse encore la chance au coureur , mais les chances, comme toutes ressources, s’épuisent. Et puis, l’épuisement du bas, ça ne veut rien dire pour les gros d’en haut. Ils trouveront toujours d’autres ressources, aussi polluantes soient-elles. Et puis, le bas peut s’évader aussi, vivre à l’extérieur du monde, en sachant que cela ne changera rien, même pas sa tranquillité d’esprit.
La mesure est un but. Ça veut dire quoi en bout de ligne? Croissance égale succès? Décroissance égale faillite? Croissance spectaculaire égale excellence? Décroissance dramatique égale pourriture?
En bas, on laisse encore la chance au coureur , mais les chances, comme toutes ressources, s’épuisent. Et puis, l’épuisement du bas, ça ne veut rien dire pour les gros d’en haut. Ils trouveront toujours d’autres ressources, aussi polluantes soient-elles. Et puis, le bas peut s’évader aussi, vivre à l’extérieur du monde, en sachant que cela ne changera rien, même pas sa tranquillité d’esprit.
jeudi 14 mai 2009
Les faits et la mort
On m’a reproché de ne pas être assez factuelle aujourd’hui.
C’est un des plus beaux compliments qu’on m’ait fait.
Être factuel lorsqu’on vit dans une ville comme Sudbury, c’est presque comme vouloir mourir, non?
Un fait est un fait.
Une invention, par contre, ça peut être n’importe quoi.
C’est un des plus beaux compliments qu’on m’ait fait.
Être factuel lorsqu’on vit dans une ville comme Sudbury, c’est presque comme vouloir mourir, non?
Un fait est un fait.
Une invention, par contre, ça peut être n’importe quoi.
mardi 12 mai 2009
Le mouvement, c'est pour les autres
J’aime tellement ne rien faire que lorsque je vois des gens courir de 5 h à minuit pour faire des choses, je me demande si je suis malade, anémique, s’il me manque une pilule de joie dans mon cabinet de salle de bain. Et puis, après quelques minutes d’observation intense, j'en arrive à la conclusion que le mouvement, c’est pour les autres.
mardi 3 mars 2009
Petits arbustes sous toiles de jute
Chaque matin, en marchant vers l’arrêt d’autobus, je croise des enfants qui marchent vers l’école. Je ne sais pas si c’est le quartier ou la ville ou les pigeons ou l’air ou le soufre ou leur école ou… moi…, qui les rend si tristes, mais je n’ai aucun souvenir d’avoir autant regardé le sol en traînant avec grande peine mon corps avec mes jambes vers un soit disant lieu d’apprentissage et de culture (?)
Ces enfants ressemblent à des arbustes qu’on a couverts de jute pour l’hiver, et qui se transforment par magie en flore mobile, parce qu’il est mieux, décident-ils soudainement, de bouger un peu que d’être plantés là à mourir de froid.
Je leur ressemble aujourd’hui un peu, mais passé les 30 ans on a le droit, il me semble, de se couvrir de toile sans percer de trous d yeux un jour sur deux. De croiser chaque jour des bouts humains dépressifs qui mesurent sous les 4 pieds, c’est signe que l’espoir, ben, raccourcit puis pas juste un petit brin.
C'est pas con des enfants.
Ces enfants ressemblent à des arbustes qu’on a couverts de jute pour l’hiver, et qui se transforment par magie en flore mobile, parce qu’il est mieux, décident-ils soudainement, de bouger un peu que d’être plantés là à mourir de froid.
Je leur ressemble aujourd’hui un peu, mais passé les 30 ans on a le droit, il me semble, de se couvrir de toile sans percer de trous d yeux un jour sur deux. De croiser chaque jour des bouts humains dépressifs qui mesurent sous les 4 pieds, c’est signe que l’espoir, ben, raccourcit puis pas juste un petit brin.
C'est pas con des enfants.
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mardi 24 février 2009
L'esprit de quartier est surévalué
Il n’y a plus d’épicerie dans mon quartier. Je marcherai plus loin, c’est tout. Je mangerai un morceau de gâteau du plus, question d’avoir la force nécessaire pour traîner pendant un peu plus longtemps, sur mon dos et au bout des bras, mes sacs de nourriture.
Il n’y a plus d’épicerie dans mon quartier. Y a franchement jamais eu grand-chose dans mon quartier sudburois qui puisse encourager, stimuler, faire croître la piétonnerie.
Mais bon, je ne me plains pas. Marcher plus loin, contourner, monter, traverser, ça garde en forme, ça renforce, ça donne du temps, ça calme les nerfs, ça fait fuir.
Y a pas grand-chose franchement qui puisse me décourager. Vous avez beau me les enlever, les quelques nécessités à portée de pas, vous ne me forcez qu’à marcher plus loin, et je n’y trouve rien de bien effrayant.
Il n’y a plus d’épicerie dans mon quartier. Y a franchement jamais eu grand-chose dans mon quartier sudburois qui puisse encourager, stimuler, faire croître la piétonnerie.
Mais bon, je ne me plains pas. Marcher plus loin, contourner, monter, traverser, ça garde en forme, ça renforce, ça donne du temps, ça calme les nerfs, ça fait fuir.
Y a pas grand-chose franchement qui puisse me décourager. Vous avez beau me les enlever, les quelques nécessités à portée de pas, vous ne me forcez qu’à marcher plus loin, et je n’y trouve rien de bien effrayant.
lundi 1 décembre 2008
Mes états généraux
1) Il y a beaucoup de neige.
2) Les piétons marchent dans la rue et la plupart des automobilistes font attention.
3) Le lac est couvert de sloche.
4) Ma pelle n’est pas à la mesure des tempêtes.
5) Je n’achèterai pas une pelle plus convenable, plus redoutable. Je suis comme ça.
6) Dans l’adversité, la nature devrait l’emporter sur l’homme.
7) L’homme joue au sourd, à l’aveugle et l’immortel.
8) C'est une bêtise.
9) La glace pétille avec le gros sel dans les escaliers.
10) La neige était plus belle ce matin.
2) Les piétons marchent dans la rue et la plupart des automobilistes font attention.
3) Le lac est couvert de sloche.
4) Ma pelle n’est pas à la mesure des tempêtes.
5) Je n’achèterai pas une pelle plus convenable, plus redoutable. Je suis comme ça.
6) Dans l’adversité, la nature devrait l’emporter sur l’homme.
7) L’homme joue au sourd, à l’aveugle et l’immortel.
8) C'est une bêtise.
9) La glace pétille avec le gros sel dans les escaliers.
10) La neige était plus belle ce matin.
samedi 8 novembre 2008
Venez faire Pouf! avec nous
Et si on s’appropriait ce qu’on dit en mal de nous au lieu de se défendre, s’engager débilement dans un débat qui tourne en rond à perpétuité? Qui a tort? Qui a raison?
Si on disait Non! aux belles images qui ressemblent à tout le monde donc à personne?
Umberto Eco affirmait dans une conférence qu’il a donnée à Toronto récemment qu’il est beaucoup plus intéressant de parler de laideur que de beauté, cette dernière étant restreinte par des critères beaucoup trop précis, donc banale.
Si on jouait avec notre laideur, on en aurait davantage à manipuler, dire, partager?
Si on disait non au Oui!, pour chercher dans les peut-être?
Si on oubliait les faits? Si on se servait d’impressions au lieu de réalités pour attirer l’autre?
Si on disait Non! aux belles images qui ressemblent à tout le monde donc à personne?
Umberto Eco affirmait dans une conférence qu’il a donnée à Toronto récemment qu’il est beaucoup plus intéressant de parler de laideur que de beauté, cette dernière étant restreinte par des critères beaucoup trop précis, donc banale.
Si on jouait avec notre laideur, on en aurait davantage à manipuler, dire, partager?
Si on disait non au Oui!, pour chercher dans les peut-être?
Si on oubliait les faits? Si on se servait d’impressions au lieu de réalités pour attirer l’autre?
Découvrez Sudbury, image future d'un Québec dépendant!
ou
Venez faire Pouf! Les francophones, avec nous, dans un de nos 300 lacs!
ou
Pourquoi tenir à la Terre lorsqu’on peut vivre sur la lune?
lundi 3 novembre 2008
Sept minutes d'écriture spontanée sur une machine à laver

Tout ce qu’il faut pour croire et aimer, c’est un peu de vrai et de simplicité. On l’oublie en en faisant trop, souvent, en compliquant les choses pour faire du flafla qui impressionne, des extravagances qui étonnent.
« Trop, c’est comme pas assez. »
On l’entend souvent cette ligne, mais on n’y adhère jamais, ici, il me semble. On essaye de se surpasser en en offrant plus, toujours, sans prendre le temps de respirer notre air, notre définition, ce qu’on a toujours été, peut-être, ce qu’on est en train de perdre, je le crois.
Mais vous n’êtes pas obligé de m’écouter et vous avez le droit de m’écarter.
Ma ville se souvient à peine d’elle-même. On la transforme en empruntant l’image des autres que l’on admire, et jamais on a l’idée de s’arrêter en route pour mesurer ce qu’il reste d’essentiel, d’image originelle.
On modifie trop la machine à mines. En perdant son corps, on perd notre âme.
J’aimerais plutôt que ma ville, comme ces machines à laver, reste grosse et laide, et fasse tourner les têtes.
Madones de Diane Landry
Galerie du Nouvel-Ontario
174, rue Elgin, Sudbury
Jusqu’au 22 novembre 2008
« Trop, c’est comme pas assez. »
On l’entend souvent cette ligne, mais on n’y adhère jamais, ici, il me semble. On essaye de se surpasser en en offrant plus, toujours, sans prendre le temps de respirer notre air, notre définition, ce qu’on a toujours été, peut-être, ce qu’on est en train de perdre, je le crois.
Mais vous n’êtes pas obligé de m’écouter et vous avez le droit de m’écarter.
Ma ville se souvient à peine d’elle-même. On la transforme en empruntant l’image des autres que l’on admire, et jamais on a l’idée de s’arrêter en route pour mesurer ce qu’il reste d’essentiel, d’image originelle.
On modifie trop la machine à mines. En perdant son corps, on perd notre âme.
J’aimerais plutôt que ma ville, comme ces machines à laver, reste grosse et laide, et fasse tourner les têtes.
Madones de Diane Landry
Galerie du Nouvel-Ontario
174, rue Elgin, Sudbury
Jusqu’au 22 novembre 2008
jeudi 11 septembre 2008
Plaidoyer pour une Trash Radio à Sudbury. Et puis, non.
Je fais trop souvent semblant d’aimer, ici, et je me tais plus qu’à mon tour.
Le monde est petit et je n’ai pas encore le tour de dire ce que je pense sans blesser. Je n’en ai pas le courage, non plus… Et je ne l’aurai probablement jamais (Mais ça, c’est une autre histoire).
Il y a ce principe, dans notre milieu, étouffant, qu’une critique devrait toujours être constructive. Il ne faudrait pas contribuer à la désacralisation d’un membre de la famille (nous sommes si peu nombreux). Il ne faudrait pas trop faire mal tout d’un coup (nous sommes si faibles).
À petite dose hypocrite, c’est mieux? Chaque fois qu’on me fait le coup (et on me le fait, je suis pas bête, hein) de la critique masquée d’encouragements gaga-gougou, je rage à l’intérieur. Vous aimez ça, vous, vous en faire passer une en douceur? La prochaine fois, j’explose, je vous le jure! Bon, non, grande parleuse, petite faiseuse, pas de courage, je demeurerai silencieuse, mais dans ma tête, ce ne sera pas beau. Oh! Que oui, monsieur.
Pourquoi tant d’intolérance face à la critique, alors que nous semblons si bien faire avec l’incompétence, le moins bon, le « juste correct », le niaiseux?
Même les bons fuient comme la peste la critique, ici (Mais ça, c’est une autre histoire).
Pourquoi avoir si peur du feu, de l’explosion démesurée mais bien sentie?
Pourquoi toujours peser avant de dire le moindre reproche?
Et puis, grande parleuse petite faiseuse, pour qui tu te prends de dire aux autres d’élever la voix si la tienne n’a jamais même chuchoté un contre-mot?
Le monde est petit et je n’ai pas encore le tour de dire ce que je pense sans blesser. Je n’en ai pas le courage, non plus… Et je ne l’aurai probablement jamais (Mais ça, c’est une autre histoire).
Il y a ce principe, dans notre milieu, étouffant, qu’une critique devrait toujours être constructive. Il ne faudrait pas contribuer à la désacralisation d’un membre de la famille (nous sommes si peu nombreux). Il ne faudrait pas trop faire mal tout d’un coup (nous sommes si faibles).
À petite dose hypocrite, c’est mieux? Chaque fois qu’on me fait le coup (et on me le fait, je suis pas bête, hein) de la critique masquée d’encouragements gaga-gougou, je rage à l’intérieur. Vous aimez ça, vous, vous en faire passer une en douceur? La prochaine fois, j’explose, je vous le jure! Bon, non, grande parleuse, petite faiseuse, pas de courage, je demeurerai silencieuse, mais dans ma tête, ce ne sera pas beau. Oh! Que oui, monsieur.
Pourquoi tant d’intolérance face à la critique, alors que nous semblons si bien faire avec l’incompétence, le moins bon, le « juste correct », le niaiseux?
Même les bons fuient comme la peste la critique, ici (Mais ça, c’est une autre histoire).
Pourquoi avoir si peur du feu, de l’explosion démesurée mais bien sentie?
Pourquoi toujours peser avant de dire le moindre reproche?
Et puis, grande parleuse petite faiseuse, pour qui tu te prends de dire aux autres d’élever la voix si la tienne n’a jamais même chuchoté un contre-mot?
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