Aucun message portant le libellé Montréal. Afficher tous les messages
Aucun message portant le libellé Montréal. Afficher tous les messages

jeudi 25 septembre 2008

Du vent et du baloney

La guerre des villes, c’est comme la guerre des sexes. Les filles contre les gars. Gatineau contre Montréal. Québec contre Sherbrooke. Hearst contre Kapuskasing. Sudbury contre… toutes les autres.

Les petits se mesurent aux grands en essayant de battre des records, n’importe lesquels, de la plus grande cheminée au plus poilu des trous de cul de la planète, pourvu qu’on le batte puis qu’on le garde, puis qu’on s’en vante bien comme il faut.

Les grandes villes se mesurent aux petites en se foutant complètement de leurs quêtes de la prochaine des plus absurdes grandeurs, parce qu’elles sont déjà grandes, elles. Ça fait longtemps qu’elles ne mangent plus de baloney.

Les petites communautés tentent de convaincre et convaincre et convaincre les grandes qu’elles valent quelque chose, parce que tout le monde veut être quelqu’un, but convincing people is hard, man!, quand ils sont déjà convaincus, puis que plus personne ne doute de rien. C’est épuisant, le doute.

La guerre des villes, c’est comme la guerre des sexes : un jeu, c’est tout. Les petits veulent être grands et les grands, ben, veulent rester grands. Puis la meilleure façon de s’en assurer, c’est de laisser passer les élans des autres comme du vent.

samedi 20 septembre 2008

Entre Sudbury et Montréal

En route vers Montréal, ce matin. Festival International de la littérature.

Moi. Spectacle. D’un pays qui pousse dans le Nord. Lundi 22 septembre. 20 h 30. Lion d’or.

Dix heures d’autobus entre Sudbury et Montréal. Lire. Écrire. Regarder par la fenêtre. Roupiller la bouche grande ouverte. Se faire décapiter.

Moi logée dans auberge. Pas nommer le nom puisque moi, gentille. Commis a un peu agacé moi. Mais, va mieux, là. Pas inquiet, toi, de moi, s’il-vous-plaît. Pas inquiet, toi, pour lui, non plus, ok. Moi gentille et douce, promis.

Sulfureuse : J’aimerais ajouter un soir à ma réservation, si c’est possible.

Commis : Pas de problème madame, votre chambre est libre le samedi. Puis-je
avoir votre numéro de téléphone, s’il-vous-plaît ?

Sulfureuse : (705) 222-2222.

Commis : Code régional, s’il-vous-plaît?

Sulfureuse : 705.

Commis : Non, le code régional, madame.

Sulfureuse : SEEEEEPT-E, ZÉÉÉÉÉROOOO, CINNNNNNQU-E !

Commis : Mais vous appelez d’où ?

Sulfureuse : De Sudbury.

Commis (en riant) : Ah ! Sudbury…

Sulfureuse : Pourquoi vous riez comme ça, monsieur ?

Commis (en étouffant son rire) : Euh, pour rien, madame… Je ne savais pas qu’il y avait un code régional à Sudbury. C’est tout.

Sulfureuse (déconcertée par la stupidité, mais calme) : Normal, monsieur. C’est nouveau. Ils ont installé des nouveaux poteaux de téléphone cet été, qui sont beaucoup plus hauts que ceux d’avant. On a donc dû ajouter un code régional à tous les numéros de téléphone, ici.

Commis (après un silence suspect) : Bon, ben… Carte de crédit, madame ?

Sulfureuse : HKTL GBLX QFRV SBY.